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LE FRUIT DE L'ESPRIT

 
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PASTEUR



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MessagePosté le: Lun 8 Nov - 08:57 (2010)    Sujet du message: LE FRUIT DE L'ESPRIT Répondre en citant

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LE FRUIT DE L'ESPRIT          
  « Le fruit de l'Esprit, c'est l'amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance ». (Galates : 5 / 22-23).   Le fruit de justice, qui est par Jésus-Christ » (Philippiens : 1 / 11).  
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Demeurez en moi, et je demeurerai en vous. Comme le sarment ne peut de lui-même porter du fruit, s'il ne demeure attaché au cep, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi. » (Jean : 15 / 4.)   C'est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez ». (Matthieu : 7 / 20).  
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AVANT-PROPOS SUR L’AUTEUR  

Aucune introduction n'est nécessaire pour ceux qui connaissent l'auteur de cet ouvrage. Ses écrits sur les « Ministères-dons de l'Esprit » et ses exposés pratiques de la vérité ont été pour des milliers de personnes une bénédiction. Son enseignement relatif aux opérations de l'Esprit par le moyen des dons ayant été si richement béni et d'une si grande utilité, il était convenable qu'il préparât maintenant un ouvrage sur les manifestations de l'Esprit dans ses rapports avec la vie chrétienne et les fruits qu'elle produit, tellement indispensables au bon exercice des dons et à l'esprit dans lequel ils doivent être utilisés. Ce traité sur « Le Fruit de l'Esprit » doit être soigneusement lu et médité par tous ceux qui aspirent à une vie cachée avec Christ en Dieu, car sans ce fruit, les dons spirituels deviennent, l'airain qui résonne, ou la cymbale qui retentit. Ce livre vous est chaleureusement recommandé, — à vous qui désirez vivre par l'Esprit une vie toute à la gloire de notre Sauveur et Seigneur.    
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Introduction  

Comme il est indiqué dans le premier chapitre de ce petit livre, l'auteur eut le privilège de donner cette série d'études bibliques sur le fruit de l'Esprit au cours annuel de la grande école biblique de l'Eglise « Filadelfia » à Stockholm, probablement la plus grande assemblée de Pentecôte du monde entier. Elle est publiée en réponse aux bienveillantes et nombreuses demandes de ceux qui désiraient, les avoir en permanence, c'est pourquoi ce livre a été tiré, au cours d'un voyage en Afrique du Sud, de notes prises sur ces études.  

Le sujet si attrayant du « Fruit de l'Esprit » et des formes diverses de sainteté pratique qui s'y rattachent ont inspiré tant de volumes à tant d'auteurs doués, qu'en ajouter un autre, si modeste fût-il, paraît presque une présomption.  

Cependant, une manière très attrayante d'aborder ce sujet, semble, en grande partie, avoir été négligée jusqu'ici : c'est celle du Fruit de l'Esprit considéré du point de vue particulier de la Pentecôte. Il est inévitable que l'expérience spirituelle si puissante, si importante par elle-même, raison d'être de ce grand mouvement, nécessite une réévaluation des expériences précédentes et une révision de quelques doctrines antérieures. Dans ce petit livre il a été fait un essai dans ce sens, et les vérités essentielles contenues dans ce sujet sont abordées et expliquées, et leur utilité pratique démontrée, du point de vue de celui qui fait définitivement partie du mouvement de Pentecôte. Un aspect légèrement distinct de la question, qui vient peut-être s'y ajouter, est l'application fréquente de cette étude à ceux qui sont engagés dans l'œuvre du ministère.  

Le lecteur reprochera peut-être à cet ouvrage de ne pas entrer d'une manière approfondie dans les questions théologiques qui s'y rattachent. La raison en est qu'il est écrit spécialement pour les personnes fidèles et bien-aimées qui constituent la plus grande partie de nos assemblées, et de l'Eglise Universelle, et vise, par conséquent, à être pratique plutôt que théorique. Nous espérons que le caractère particulier de ce travail le rendra utile pour un plus grand nombre de personnes que ne le seraient des esquisses purement 'théologiques.  

Les étudiants zélés n'auront pas de difficultés à découvrir les convictions personnelles de l'auteur en fait de doctrine, car elles font nécessairement partie intégrante de toute l'étude elle-même.   

Mais pour ceux qui s'intéressent spécialement à l'aspect théologique je dirai ce dont je suis moi-même persuadé : la doctrine de la Trinité implique nécessairement que les œuvres accomplies par les différentes personnes de la Divinité peuvent, et doivent, être considérées de points de vue divers, chacun étant correct comme aspect particulier de la vérité, sans toutefois la contenir entièrement. Ainsi, nous savons que « Dieu a tant aimé le monde qu'Il a donné son Fils unique », et cependant, nous savons en même temps, et d'une manière tout aussi vraie, que « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec Lui-même ». De même, le Saint-Esprit est quelquefois envisagé comme l'Esprit du Père, ou l'Esprit du Fils, mais à d'autres reprises comme une Personnalité tout à fait distincte, séparée des deux autres.  

L'application de ces mystères sublimes au sujet qui nous est présenté est à mon avis la suivante : les différentes qualités du caractère chrétien énumérées comme «Fruit de l'Esprit » résultent d'une manière définie d'un principe nouveau de vie au dedans d'un homme, principe apporté par la naissance d' « En Haut ». La source de cette vie, et par conséquent la Source dernière de ce « Fruit », c'est Christ Lui-même, le Sauveur, demeurant en nous. Les Écritures ramènent d'une manière évidente ces choses à Christ. (Galates : 2 / 20 ; Jean : 15 / 3 ; Philippiens : 1 / 11, etc…). Mais cette présence de Christ demeurant dans le croyant lui est nécessairement donnée par le Saint-Esprit, envisagé sous ce rapport comme « l'Esprit de Christ », parce que le Fils lui-même, dans sa Personnalité propre, comme Seconde Personne de la Trinité, est maintenant assis à la droite du Père dans les lieux célestes. Il en résulte que la source divine, du « Fruit » est le Saint-Esprit vu sous Sou aspect particulier, « d'Esprit de Christ ».  

Il apparaît, dans le Nouveau Testament, comme un fait historique indéniable que le Saint Esprit peut et doit être reçu par le croyant, sous Sa Personnalité propre et distincte. Cette expérience doit suivre à première venue à la régénération ; elle est appelée le Baptême du Saint-Esprit, dont le but n'est pas de donner la Vie mais la puissance. Ses manifestations  particulières ne sont pas les fruits, mais les dons spirituels.  

Ce point de vue aide certainement beaucoup à résoudre le plus grand nombre des difficultés que rencontrent dans l'étude de ces sujets, les personnes observatrices et réfléchies. Car il montre comment il est possible aux croyants ayant reçu le Saint-Esprit dans Sa puissance régénératrice comme « Esprit de Christ » demeurant en eux, de manifester beaucoup de «fruit », sans avoir jamais connu l'expérience définie du baptême du Saint-Esprit. Et, d'un autre côté, il montre comment certains chrétiens peuvent exercer les dons spirituels reçus par ce baptême sans manifester le fruit de l'Esprit - s'ils négligent de maintenir la plénitude de la vie de Christ au dedans d'eux mêmes ; autrement dit, s'ils ne prennent garde de « marcher selon l'Esprit ».  

Je sais fort bien que l'opinion théologique ci-dessus peut être discutée ; mais je dirai au moins ceci : la vérité de la Divinité en trois Personnes dépasse tellement la compréhension humaine que tout en nous sentant en droit de maintenir d'une manière dogmatique la vérité centrale, nous pouvons et devons montrer une grande tolérance vis-à-vis des doctrines personnelles qui essaient d'en définir les différentes manifestations. Ceci est particulièrement vrai du Saint-Esprit, car la définition exacte de sa Personne et de Son Œuvre, formant partie du mystère insondable de la Divinité, représente une profondeur de vérité théologique digne de beaucoup d'étude, et que seule la lumière de la révélation peut nous dévoiler. Je suggère respectueusement qu'une doctrine qui semble rencontrer d'une manière satisfaisante tant de faits d'expérience renferme sans doute une vérité de première importance. On n'en demande pas plus. Ceci dit, je suis heureux de laisser les questions purement théologiques pour aborder le côté toujours plus agréable, et, je crois, plus important et plus pratique.  

Donald GEE.  

A bord du « Balmora Castle »  

Janvier 1934.  

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CHAPITRE I  

LE FRUIT DE L'ESPRIT ET LES DONS SPIRITUELS  

Lorsque, dernièrement, me sont échus en partage le privilège et la responsabilité d'enseigner une fois encore au cours annuel de la grande école biblique de Stockholm, je demandai à l'un des pasteurs de la localité s'il avait quelque suggestion à me faire pour un sujet convenable.  

Après un court silence, il me répondit « Le Fruit de l'Esprit ».  

Je vis immédiatement l'inspiration du Saint-Esprit dans un choix si heureux s'harmonisant d'une manière parfaite avec les études sur « Les dons spirituels » faites l'année précédente.  

L'équilibre essentiel entre ces deux sujets s'imposera d'une manière évidente à tous ; malheureusement, il faut avouer qu'en appuyant trop fortement sur les dons spirituels, certains semblent avoir parfois négligé le Fruit de l'Esprit. Avant de les critiquer trop hâtivement souvenons-nous que pendant des générations, et dans bien des directions à l'heure actuelle toute l'importance a été donnée aux fruits au détriment des dons spirituels.  

Une telle insistance manque d'équilibre, à la lumière de l'Ecriture, et comme le pendule la vérité cherche toujours sa position d'équilibre.  

Le Nouveau Testament marque une harmonie exquise entre ces deux sujets, qui font partie intégrante de l'œuvre du Saint-Esprit. Le Chapitre 12 de la première Epître aux Corinthiens termine un exposé sur les dons spirituels par ces mots significatifs : « Aspirez aux dons les meilleurs. Et je vais encore vous montrer une voie par excellence. » Ainsi le thème de la Charité, « fruit » de l'Esprit est présenté avec un sens exact de la mesure. Et cependant, pour éviter que la balance ne penche trop de l'autre côté, après le si lumineux cantique de louanges à la charité du chapitre 13, le chapitre 14 commence par ces mots tout aussi significatifs : « Recherchez la charité. Aspirez aussi aux dons spirituels ».   

A travers ces trois chapitres sensés, éloquents, pratiques, l'équilibre est maintenu. Il y est fortement insisté sur l'absolue nécessité de la sanctification pour le bon usage des dons spirituels, mais nulle part, nous ne trouvons l'opposition fanatique et presque brutale qui semble être de nos jours la marque de certains docteurs de la «Sainteté ».  

L'équilibre parfait entre les « fruits » et les « dons » de l'Esprit est peut-être intentionnellement appuyé par ce fait qu'ils sont tous deux au nombre de neuf, énumérés respectivement dans Galates : 5 / 22-23 et 1Corinthiens : 12 / 8-10.  

Le fruit croit Le choix inspiré du terme « fruit » est rempli de beauté. Notez le contraste entre les œuvres de la chair et le « fruit » de l'Esprit dans Galates : 5. Les « œuvres » nous parlent de la ville poussiéreuse, de machines bruyantes, d'activité fiévreuse. Le « fruit » nous parle de la campagne, de jardins paisibles, et des forces silencieuses mais vitales de la nature.  

Les fruits sont le résultat de la vie. D'abord paraît le bourgeon, puis la fleur, finalement le fruit mûr pour la récolte. Soutenant toutes ces choses est la vie de l'arbre, portant le fruit, la vie, aussi des forces de la nature, du soleil, de la pluie, qui apportent leurs bienfaits. Les fruits ne peuvent être obtenus là où règne la mort.  

La comparaison est exacte. Le fruit de l'esprit est le résultat direct de la vie de Christ apportée au croyant par l'Esprit, « le fruit de justice» qui est par Jésus-Christ (Philippiens : 1 / 11). Car il résulte d'une vie de communion intime et constante avec Christ. « Celui qui demeure en moi, et en qui je demeure, porte beaucoup de fruits » (Jean : 15  La perte de cette communion explique souvent notre impuissance à porter du fruit, et le labeur du chrétien, si grand soit-il, et même l'exercice des dons spirituels ne peuvent jamais remplacer la marche avec Dieu. C'est un encouragement de savoir que la communion constante avec Christ dans notre vie quotidienne produira le fruit de l'Esprit à notre insu. Les personnes qui nous entourent le voient avant nous, ce qui est de beaucoup préférable.  

Ce principe d'une croissance soutenue et tranquille contraste d'une façon frappante avec la manière dont les chrétiens peuvent recevoir les dons spirituels. Ceux-ci sont souvent, non pas obligatoirement toutefois, communiqués en une occasion spéciale, avec la prière ou l'imposition des mains comme pendant la « Pentecôte » à Ephèse. (Actes : 19 / 6) où lorsque des anciens firent l'imposition des mains à Timothée. (1 Timothée : 4 / 14).  

Combien cherchent le fruit de l'Esprit, mais en vain, parce qu'ils s'y prennent mal ! Ils assistent à des réunions en plein air ou à des conventions, ou vont entendre un prédicateur « renommé ». Ils pensent que le fruit de l'Esprit particulièrement désiré, comme la paix ou la douceur, sera subitement et sur le champ planté en eux. Faute de marcher avec Christ, ils seront inévitablement déçus.  

J'ai raconté en divers lieux, un incident de ma jeunesse. Je désirais vivement, un été, faire pousser des tomates dans notre petit jardin. J'achetai mes plants, je les mis en terre et j'en pris soin. Mais l'atmosphère poussiéreuse de Londres leur était peu favorable, et vers la fin de l'été je commençais à désespérer de jamais récolter de fruits. Jugez donc de ma surprise lorsqu'un beau matin je vis pendre de grosses tomates mûres à mes plants. Ravi, stupéfait, je me précipitai dans le jardin, mais je constatai alors que ma mère les avait attachées avec une ficelle .  

Cette petite plaisanterie de ma jeunesse illustre bien ce que nombre de personnes essaient de faire avec le fruit de l'Esprit. Elles ne remplissent jamais les conditions pour porter ce fruit, puis essaient d'y suppléer en cherchant une méthode artificielle de production. Mais nous pouvons toujours voir les « ficelles »  

Non pas par le baptême  

Beaucoup de personnes considèrent le baptême du Saint-Esprit comme un moyen de porter ce fruit et éprouvent un désappointement profond s'il ne se manifeste pas immédiatement après cette expérience spirituelle. Cependant le but expressément désigné du baptême du Saint- Esprit, et le résultat de ce baptême, sont de donner la puissance pour le service et le témoignage. (Actes : 1 /  . Conformément à ce dessein, ce sont les manifestations surnaturelles de l'Esprit par ses dons qui forment le signe initial du baptême (Actes : 2 / 4 ; 10 / 26 ; 19 / 6). La sainteté est le signe d'une vie de communion ininterrompue avec Christ, et n'est pas nécessairement rattachée directement au baptême de Pentecôte. Même sans ce dernier, la beauté de Christ peut largement s'épanouir dans le caractère du Chrétien.  

Il faut ajouter que la plénitude réelle du Saint-Esprit produit inévitablement aussi le fruit parce quelle nous donne une vie de communion avec Christ plus riche et plus vivante. Cependant le dessein immédiat de la Pentecôte était de donner la puissance, non la sainteté, la sainteté fut auparavant acquise par la foi ; et la sainteté par l'obéissance devait suivre.  

Un enfant en Christ peut ainsi recevoir parfois des manifestations frappantes de la puissance de l'Esprit malgré un manque visible de maturité du fruit qui forme le caractère du chrétien.  

Ceci apparaît clairement chez beaucoup des premiers convertis au Christianisme auxquels furent adressées les Epîtres du Nouveau Testament. Des dons réels de l'Esprit de Dieu peuvent être exercés là où la charité n'est point parfaite. (1Corinthiens : 13 / 1-3).Sans la charité, les dons ne sont pas employés d'une manière normale, ce qui est inexcusable chez le croyant de quelque maturité. Où l'amour est absent, les dons sont absolument sans valeur. Il en résulte pour ceux qui exercent les dons spirituels une nécessité impérieuse de porter aussi les fruits de l'Esprit, et de demeurer dans la « doctrine des Apôtres » (Actes : 2 / 42).  

Le feu et l'enthousiasme de notre témoignage public pour Christ peuvent rendre vain ce témoignage si notre vie n'est pas remplie de la grâce et de la beauté de Jésus Nous sommes tous des lettres « vivantes, connues et lues de tous les hommes » ; et, si notre vie n'est pas en harmonie avec nos paroles, elle ne peut que très fâcheusement s'accompagner d'un grand étalage de dons apparents.  

La puissance du fruit.  

Tout ceci tend à prouver la puissance réelle du fruit de l'Esprit. C'est l'influence tranquille d'une vie pleine de beauté, plutôt que la puissance torrentielle d'un ministère plein de feu, et cela vient de notre communion avec Dieu et non d'un moment de crise.  

On raconte que lorsque la construction du Forth Bridge en Ecosse était près d'être terminée, les ingénieurs, pendant toute une journée froide et sombre, essayèrent vainement de rapprocher certaines importantes poutres de fer. Ils eurent sans succès, recours à tous les procédés imaginables de la mécanique, et à la fin de la journée se retirèrent absolument impuissants. Mais le lendemain matin, le soleil d'été enveloppa de ses chauds rayons les grandes masses de fer et la dilatation produite leur permit bientôt de faire la soudure. Il en est ainsi d'une grande partie de l'œuvre de l'Esprit. Sa puissance opère parfois plus irrésistiblement par les forces calmes de l'amour, de la joie et de la paix, que par les manifestations plus frappantes des dons et des prophéties.  

D' un autre côté il y a souvent des rochers qu'il faut briser, et des portes qui doivent être ouvertes pour lesquels la dynamite des dons spirituels de Pentecôte est absolument indispensable. Ce fut l'expérience de Philippe dans son œuvre d'évangéliste en Samarie (Actes : 8 / 6) et Paul l'a prouvé comme pionnier missionnaire. (Actes : 13 / 12 ; 14 / 3 à 19 / 20).  

La manifestation de la puissance spirituelle la plus grande est obtenue là seulement où les fruits et les dons vont de pair. A cet égard, le Nouveau Testament rapporte soigneusement, que les hommes d'une puissance spirituelle exceptionnelle possédaient non seulement des dons, mais aussi la grâce de Dieu et la bonté. (Actes : 6 / 3 à 11/ 24 ; 16 / 3 à 22 / 12 ; etc…)  

Le plus grand exemple de ce principe que la puissance spirituelle est à son plus haut point là où les dons surnaturels se rencontrent en harmonie parfaite avec une irréprochable sainteté du caractère, est le Seigneur Jésus-Christ Lui-Même.  


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CHAPITRE II  




L'AMOUR  

L'amour est sans aucun doute le plus grand de tous les fruits de l'Esprit. Il occupe dans l'énumération de Galates : 5 / 22-23 la première place, et cela est juste et inévitable. Car l'amour dans sa perfection, semble comprendre presque tous les fruits de l'Esprit, et les fait resplendir comme des reflets de sa gloire suprême.  

Définir l'amour parfait - et dans sa maturité le fruit de l'Esprit n'est pas autre chose - c'est là une tache qui dépasse toute' plume et toutes paroles humaines. Paul s'en, rapproche beaucoup dans 1 Corinthiens : 13, mais alors il écrivait sous l'inspiration de l'Esprit. Dieu est amour, et par conséquent vouloir définir l'amour, c'est vouloir défini l'infini.  

Un jour, dans la région du centre ouest de l'Amérique, j'essayai de décrire l'Océan Atlantique à une vieille dame qui, de sa vie, n'avait vu la mer. Je suis certain d'avoir complètement échoué. Elle reçut sans doute une idée vague de quelque grand lac, mais c'est tout. - J'ai toujours ce même sentiment d'impuissance lorsque je commence à parler de l'amour de l'Esprit.  

Quelques contrastes avec l'amour humain.  

Mais ce travail nous sera facilité, si nous notons quelques contrastes, et particulièrement les différences subtiles mais essentielles, entre l'amour purement humain (qui n'est pas ce que la Bible entend par le « fruit de l'esprit ») et l'amour véritablement spirituel, résultat direct de ce que nous sommes devenus participants de la nature divine par la régénération. Toute étude approfondie du fruit de l'Esprit nous ramène directement aux vérités fondamentales de la Nouvelle Naissance. C'est de la vie nouvelle reçue alors - la « loi de l'Esprit de vie en Jésus-Christ » - que naît tout fruit de l'Esprit.  

Le fruit de l'Esprit est tout aussi surnaturel que ses dons, il ne résulte pas d'une amélioration de notre caractère naturel ; mais d'une vie spirituelle nouvelle reçue d'en haut. Ses possibilités sont étonnantes et glorieuses. Il est accessible à ceux chez qui l'on s'attendrait le moins à le voir, de même que les dons spirituels sont communiqués aux personnes pour lesquelles le monde n'a que mépris,  

a) l'amour pour nos ennemis  

L'amour humain aime ce qui est à lui, il grandit dans une atmosphère d'amitié, il est soutenu par des démonstrations d'affection réciproques. L'amour naturel ne persiste qu'en de rares occasions là où, selon toute apparence, rien n'est donné en retour.  

Mais le fruit de l'Esprit dépasse tout cela, car il produit l'amour pour nos ennemis. Il est plus qu'une tolérance négative ; activité positive, il nous pousse à faire du bien à ceux qui nous maltraitent et nous persécutent. C'est un des traits les plus remarquables de l'Evangile de Christ qu'il nous commande un tel amour, (Matthieu : 5 / 46-47) et le commandement même implique, comme toujours, la grâce pour l'accomplir. Cette grâce nous est donnée par l'Esprit de Christ en nous.  

Notre Seigneur fut toujours Lui-même l'Exemple parfait de son enseignement. L'amour, fruit de l'Esprit, fut pleinement révélé lorsqu'il priait à Golgotha « Père, pardonne-leur car ils ne savent ce qu'ils font ».  

Pour apporter à l'Eglise la preuve de la possibilité certaine pour le Saint-Esprit de produire ce même amour dans les disciples, nous avons l'exemple d'Etienne priant pendant que ses ennemis le lapidaient : « Seigneur, ne leur impute pas ce péché ». Echo de Golgotha !  

b) Cet amour ne change pas  

Une des protestations les plus courantes de l'amour humain, est la suivante : « Je vous aimerai toujours ». Combien de fois, cependant, les années qui passent et les circonstances qui changent refroidissent notre amour. Nous déclarons en toute sincérité, et avec beaucoup de ferveur pendant notre jeunesse que notre amour durera toujours, mais nous ne connaissons pas nos propres cœurs. C'est pour cette raison qu'avec l'âge, hommes et femmes ont tendance à devenir cyniques vis-à-vis de tout amour, s'ils n'ont pas trouvé le sec et de l'amour, fruit de l'Esprit Eternel. Cette découverte est comme une révélation.  

Cet élément d'invariabilité dans l'amour de Christ fut merveilleusement manifesté envers Pierre après son reniement. Simon aurait pu chanter avec une rare compréhension : « Oh ! quel amour insondable ! » On peut dire que Barnabas aussi manifesta ce fruit de l'Esprit dans la ténacité avec laquelle il retint auprès de lui le jeune Marc jusqu'à ce que ce disciple vacillant fut devenu « utile » (Actes : 15 / 30 ; 2Timothée : 4 / 11). Ce même fruit peut souvent, de nos jours, sauver une vie, et parfois un ministère.  

c) Cet amour se sacrifie  

L'amour humain se rapproche le plus de l'amour de Dieu sur ce point. Car même l'amour naturel, lorsqu'il est réel, prouve sa profondeur par la promptitude à se sacrifier pour l'objet aimé, parfois même jusqu'à la mort. « Il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis ».  

Et cependant, l'amour divin fait mieux. « Quelqu'un peut-être mourrait pour un homme de bien. Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pêcheurs, Christ est mort pour nous ». (Romains : 5 / 7-  . L'amour suprême accomplit le plus grand de tous les sacrifices, pour ceux qui en sont suprêmement indignes. C'est une forme différente pour dire que l'amour divin s'étend même à ses ennemis, mais nous la mentionnons spécialement ici parce qu'elle est l'essence même de tout ministère véritablement chrétien. « Le bon Berger donne Sa vie pour Ses brebis » n'est pas seulement écrit de Christ, mais doit être aussi vrai pour tout bon berger des brebis de Dieu.  

Rien n'est plus nécessaire chez un serviteur de Christ que cet aspect particulier du fruit de l'Esprit. Dans bien des localités, l'œuvre de Dieu languit non pas faute de dons spirituels, mais parce qu'il manque quelqu'un qui veuille bien y apporter un peu d'amour et d'esprit le sacrifice. Peu de dons font beaucoup s'ils sont accompagnés d'une grande charité. L'amour, le dévouement de tout vrai missionnaire, exercés dans un pays malsain envers un peuple naturellement peu aimable, sont les plus belles démonstrations de ce fruit de l'Esprit.  

Cependant, là ou règne un amour réel, le sacrifice est à peine aperçu, et jamais mentionné.  

Nous avons un jour visité, ma femme et moi, la mission de Pentecôte d'une petite ville d'Orient, où l'air était tellement irrespirable que nous étions heureux de pouvoir grimper au sommet de la colline pour trouver un peu de fraîcheur et vaincre la nausée. Pourtant, le dévoué missionnaire parlait toujours du lieu de sa demeure avec un véritable enthousiasme, et le considérait comme un des plus beaux coins de la terre. L'amour transforme.  

Bien des parents spirituels parmi ceux qui se sont consacrés avec le même dévouement, le même esprit de sacrifice, à l'œuvre du pasteur chez nous, pourraient dire avec Paul : « Nous aurions voulu non seulement vous donner l'Evangile de Dieu, mais encore nos propres vies, tant vous nous étiez devenus chers ». (1 Thessaloniciens : 2 /  .  

L'amour humain peut en se sacrifiant manquer de sagesse. L'Esprit de Dieu fera de nous des personnes non seulement dévouées, mais sages.  

d) L'Amour divin est parfois disciplinaire  

L'amour humain n'est jamais plus près d'échouer à la tâche qu'au moment où il a pour devoir de châtier. Chaque « enfant gâté » en est la preuve. « Le Seigneur châtie celui qu'il aime », et tous les parents ont besoin du fruit de l'Esprit pour agir en cela d'une manière agréable à Dieu. La grande difficulté, pour la plupart d'entre nous, est de garder le juste milieu entre la colère et la faiblesse. Châtier avec un amour sincère est tout un chef-d’œuvre.  

C'est ici le facteur primordial de toute discipline dans l'Eglise. La discipline doit régner dans nos assemblées (1 Corinthiens : 5 / 2) mais cet amour divin que peut seul produire le fruit de l'Esprit est une nécessité absolue pour atteindre le but : édifier et non détruire. Certaines tentatives sincères d'établir une discipline dans l'Eglise ont fait plus de mal que de bien : il manquait l'amour.  

L'amour que donne le Saint-Esprit s'élève au dessus de tout intérêt personnel. Une de ses caractéristiques infaillibles est de se réjouir de la vérité », plus précieuse pour l'amour divin que tous les liens de l'affection naturelle.  

Nous pouvons citer le cas très triste où le fils d'un pasteur avait péché moralement dans l'assemblée. Le jeune homme ne se repentit pas, et le devoir du pasteur était, selon toute évidence, de le retrancher de l'assemblée, jusqu'à ce qu'il « rentrât en lui-même », comme l'enfant prodigue. Mais le pasteur ne remplit pas son devoir, et ce fut un grand préjudice au témoignage rendu pour Dieu en ce lieu. Cette situation était extrêmement pénible. Chacun d'entre nous aurait pu échouer de la même manière, mais ce fait nous révèle la nécessité d'agir parfois avec fermeté, et la possibilité qui nous en est donnée par le fruit de l'Esprit.  

Voyez comment l'amour Divin insista sur la mort de l'enfant de David, tout en pardonnant librement le péché dont cette mort était le châtiment. (2 Samuel : 1 / 12-14).  

Il a été dit que « l'amour est aveugle » Ce n'est vrai que de l'amour humain. L'amour, fruit de l'Esprit, a les yeux ouverts à tout, agit en conséquence et continue toujours d'aimer.  

Le lien de la perfection  

Paul exprime un idéal rempli de beauté en adressant aux Colossiens l'exhortation suivante ; « par dessus toutes choses, revêtez- vous de la charité, qui est le lien de la perfection » (Colossiens : 3 / 14).  

Ce verset de l'Ecriture me fait toujours penser à la courroie solide que je mets autour de ma valise pour voyager. J'emporte toutes sortes de choses, les unes dures, les autres fragiles, les unes grandes, les autres petites, les unes faciles « à fourrer » dans les coins, les autres guère commodes ; mais ma grande courroie de cuir les maintient toutes ensemble en une union parfaite.  

Ainsi en est-il de l'Eglise. Nous présentons une si grande diversité de personnalités et de caractères que l'union semble souvent une impossibilité, mais le fruit de l'Esprit, l'amour de Dieu, peut accomplir cette œuvre en nous.  

Nous avons pensé parfois que les dons de l'Esprit amèneraient inévitablement l'union. Sans doute en serait-il ainsi si les dons spirituels étaient accompagnés du fruit de l'Esprit. Mais les sentiments qui gouvernent notre propre esprit, l'état dans lequel il se trouve, peuvent influencer de telle manière la révélation et la manifestation du Saint-Esprit que Christ même peut être prêché par esprit de dispute, et les « langues » devenir « l'airain qui raisonne ».  

Seuls les fruits et les dons agissant ensemble en une sainte association peuvent amener cette union.  

Grâces soient rendues à Dieu qui nous promet dans Sa Parole la victoire finale. Nous parviendrons tous à « l'unité de la foi, à l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ » (Ephésiens : 4 / 13). Les dons spirituels exercés avec amour contribuent toujours à cette fin.  

Lorsque je visitai Stockholm pour la première fois en 1930, je vis la grande salle de l'assemblée « Filadelfia » en voie de construction. Les ouvriers étaient partout au travail, “échafaudage entourait le bâtiment et les bruits résonnaient de toutes parts. Bien des fois depuis cette époque en contemplant le bel édifice entièrement achevé où se pressaient des milliers d'adorateurs, je me suis remémoré les paroles si souvent mal interprétées qui terminent le chapitre : 13 de la première épître aux Corinthiens. Car à Stockholm seul comptait et devait être permanent, non les bruits ou l'échafaudage de la construction, mais le bâtiment.  

Cependant les bruits et l'échafaudage étaient indispensables pour le construire et l'achever.  

Ainsi en est-il de l'édifice spirituel de Dieu dans l'Eglise, et cette illustration nous aide à comprendre les desseins de Dieu, dans les dons spirituels. En fin de compte, seule importe notre édification à l'image de Christ, se manifestant par le Irait de l'Esprit. Le but des dons spirituels est d'amener à maturité ce fruit éternel. Un jour les dons « passeront » mais pas avant que leur œuvre soit terminée. Mais ce jour arrivera seulement lorsque la manifestation finale du fruit de l'Esprit dans sa plénitude sera visible chez tous les enfants de Dieu, quand nous verrons le Seigneur. Alors, resplendissant au dessus de tout, demeurera « la plus grande de ces choses : La Charité».  

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CHAPITRE III  

LA JOIE  

Tout le monde veut la joie. Ceux même qui délibérément, choisissent une voie de sacrifice paraissant rendre impossible toute joie présente, le font dans l'espérance d'une joie future et éternelle. Christ lui-même a souffert la Croix, et méprisé l'ignominie «En vue de la joie qui lui était réservée » (Hébreux : 12 / 2).  

La joie naturelle  

Il est une joie toute humaine qui peut être produite par des moyens entièrement naturels.  

Mais elle n'est pas ce que la Bible entend par le « fruit de l'Esprit » qui résulte de ce que nous avons reçu l'Esprit et marchons selon l'Esprit.  

Certaines caractéristiques de la joie naturelle la séparent nettement de la joie spirituelle (l'expression « joie spirituelle » est employée ici pour désigner le fruit de l'Esprit).  

a) en premier lieu, la joie naturelle ne dure généralement pas, et ne possède aucun élément de permanence. (Ecclésiaste : 7 / 6). Rien ne montre mieux sa nature éphémère que la recherche fiévreuse par l'homme du monde d'un changement continuel et de moyens toujours nouveaux de se divertir.  

b) Elle est toujours accompagnée d'un mélange mystérieux de tristesse (Proverbes : 14 / 13). La tonalité mineure persiste à travers la musique ; il y a un « squelette au festin » ; elle est toujours pénétrée d'un sent d'insécurité. Beaucoup de joie apparente n'est souvent qu'un effort conscient et volontaire pour étouffer les soucis et intoxiquer l'âme. « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons ».  

c) La forme la plus pure de la joie naturelle est sans doute celle que nous éprouvons de notre travail, et à bien des égards celle-ci, vraiment noble, est source d'une satisfaction réelle.  

Salomon en explora d'une manière complète toutes les possibilités et la recommande comme la plus noble des joies « sous le soleil » (Ecclésiaste : 2 / 10-11). Mais même ici, il découvrit une vanité finale, car les œuvres les plus grandioses doivent tomber en désuétude. L'artisan doit un jour les quitter, souvent même avant qu'elles soient achevées. Leur perfection ne provoque que jalousie et amertume chez les autres. Ce sont là des « mouches » dans l'huile de la joie naturelle, qu'en font autant une source de tristesse que de satisfaction personnelle (Ecclésiaste : 10 / 1)  

Le prophète Jérémie a résumé tout cela dans sa phrase célèbre « Des citernes crevassées qui ne retiennent pas l'eau » (Jérémie : 2 / 13).  

Le glorieux message de l'Evangile annonce que Dieu peut donner aux hommes une joie exempte de toutes ces faiblesses, une source d'eau qui « jaillit jusque dans la vie éternelle. »  

Non des citernes, mais des sources d'eau.  

La joie spirituelle diffère de la joie naturelle en ce qu'elle jaillit d'une source pure. Le cœur droit devant Dieu devient logiquement capable d'une joie pure et éternelle.  

a) La joie du salut - du pardon des péchés, est la première qui soit partie intégrante du fruit de l'Esprit. Elle est essentiellement un sentiment de délivrance d'un fardeau intolérable, d'une recherche récompensée, d'une aspiration assouvie De cette catégorie sont la joie du geôlier de Philippes, de l'eunuque éthiopien, du marchand de perles. (Actes : 16 / 34 ; 8 / 39 ; Matthieu : 13 / 36).  

Un tel sentiment, quoiqu’éternel et pur, tend à devenir égoïste. Le fruit de l'Esprit, dans ce premier état, n'est pas encore parvenu à maturité, et doit croître dans :  

b) La joie du salut des autres. - Il n'est rien qui ajoute plus à toute joie véritable et ne la purifie mieux que de la partager avec d'autres. Quand le sujet n'en est rien moins que le salut, la joie produite est des plus grandes que l'on puisse imaginer. Lorsque Paul et Barnabas racontèrent dans les assemblées la conversion des païens, ils causèrent une « grande joie » à tous les frères. (Actes : 15 / 3). Ceux qui ont conduit, ne fût-ce qu'une âme, au Sauveur, savent combien est profonde la joie éprouvée. Ce même élément entre dans tout le plaisir pur que les enfants de Dieu, Ses rachetés, ressentent aux progrès de Son œuvre en tous lieux.  

c) Il est cependant une chose plus profonde encore. La joie de servir est meilleure que celle d'une bénédiction strictement personnelle, mais, dans notre rédemption, la joie dernière est une joie pure en Dieu Lui-même. Les âmes arrivées à un développement complet l'ont éprouvée dans tous les âges, et en tous lieux dans l'Eglise. C'est le fruit de l'Esprit parvenu à une entière maturité. Le vieux prophète Habakuk décrit, dans un passage remarquable, une scène de désolation complète de la nature, puis termine avec ce cri de triomphe « Toutefois, je veux me réjouir en l'Eternel, je veux me réjouir dans le Dieu de mon Salut » (Habakuk : 3 / 18) « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur », dit Paul (Philippiens : 4 / 4). Une telle joie devient indépendante de toutes les circonstances du dehors et même des bénédictions intérieures.  

Elle se réjouit de la possession sûre et certaine de Celui qui bénit ; l'essence même de l'éternelle et ineffable joie du ciel, elle partage l'extase des êtres glorifiés qui entourent Son trône. La rivière de joie de notre salut, le fleuve de joie de notre service, se sont élargis et sont devenus la joie finale dans l'Océan infini.  

Et parce qu'elle est en Dieu Lui-même, elle est une « joie éternelle » (Esaïe : 35 / 10), car sa Source ne peut jamais tarir. C'est la réponse victorieuse à tout ce que la joie humaine a d'insuffisant et d'incomplet.  

Le Jardinier au travail.  

Les fruits les meilleurs ne sont dus qu'à des soins diligents, et le Maître apporte un labeur patient au perfectionnement du fruit de l'Esprit chez Son peuple.  

Pour établir la réalité de notre joie nouvelle de salut dans la délivrance du péché et nous apprendre à en trouver la source en Lui seul, il permet sou vent des circonstances assez pénibles pour nous montrer qu'il n'en existe aucune hors de Lui. Des malheurs nous accablent de tous côtés, mais la joie demeure. Ce fruit de l'Esprit est indépendant des circonstances extérieures. L'exemple classique est celui de Paul et de Silas en prison, le corps meurtri par une souffrance physique injustement infligée, chantant à minuit les louanges de Dieu ! Il valait vraiment la peine de découvrir que l'on pouvait chanter dans de pareilles circonstances !  

La joie chrétienne est souvent incompréhensible à l'homme naturel. « Attristés mais toujours joyeux » l'exprime bien. Parfois même cette joie des chrétiens irrite ceux qui ne la connaissent pas. « Vous ne devriez pas être heureux ! » fut un jour la protestation indignée de l'un de mes amis, lorsque la joie irrésistible du salut persistait à déborder des- lèvres en dépit d'une tristesse sincère.  

Mais il est une leçon plus profonde encore que nous devons apprendre. Le Maître enlèvera même la joie débordante des sentiments spirituels afin d'amener l'âme à n'éprouver qu'une joie pure en Lui-même. Cette leçon doit être apprise par tous ceux qui ont reçu le baptême du Saint-Esprit. Le changement qui s'opère alors est, au début, une source d'anxiété pénible, surtout si aucun ami ou pasteur avisé n'est présent pour conseiller et instruire.  

Une leçon pour les chrétiens de « Pentecôte »  

Notre expérience de Pentecôte est généralement, dans les premiers temps, source d'une grande joie dans le glorieux bonheur qu'elle nous apporte. C'est la cause première du « parler en langues » parce que l'exaltation de notre esprit ne peut trouver d'autre moyen de s'exprimer. Mais la tendance inévitable subsiste de faire un usage égoïste de l'exaltation spirituelle et des transports joyeux, et ne plus regarder qu'à nous-mêmes. L'âme vit des sentiments qu'elle éprouve, même s'ils résultent de la plénitude du Saint-Esprit en nous.  

Il y aura dorme dans les plans infiniment sages de Dieu, un temps d'épreuve, où les manifestations sensibles de la présence et de la puissance du Saint-Esprit seront beaucoup diminuées, afin de rétablir le principe invariable de la foi dans la vie qui plaît à Dieu. La joie du Saint-Esprit semble pour un temps obscurcie par un nuage, mais c'est seulement pour être transformée en une joie pure en Dieu Lui-même, indépendante de tous sentiments ou manifestations, et heureuse dans la connaissance certaine, l'assurance de la loi que le Consolateur est venu demeurer avec nous pour toujours.  

Une des erreurs les plus graves et les plus fâcheuses que nous puissions commettre dans une vie remplie de l'Esprit, est de toujours insister sur les signes extérieurs de la joie sous forme de manifestations continuelles, alors que le Seigneur, dans Son amour, cherche à nous séparer d'un attachement égoïste à ces choses pour elles-mêmes. Cette erreur devient mortelle si les manifestations sont d'abord forcées, et finalement imitées par la chair. Et, chose triste entre toutes, l'aspiration du cœur n'est jamais satisfaite, car de semblables travestissements des opérations du Saint-Esprit cessent de donner la moindre joie.  

Malheureusement, non seulement des personnes isolées, mais aussi des assemblées, font la même grave erreur. Nous avons été dans des assemblées où l'œuvre du Saint-Esprit n'était pas de produire une joie émotionnelle - (les fidèles avaient sans doute besoin d'autre chose à ce moment là), mais les saints eux-mêmes voulaient avoir tous les anciens « transports » d'allégresse, ou bien croyaient que leur « témoignage » en nécessitait au moins une imitation.  

Le résultat c'est qu'on voyait des efforts pour fabriquer une joie apparente, dont on pourrait sourire si elle n'était pas triste. Le but semble parfois atteint en apparence, mais la chose est entièrement psychique, elle n'est qu'un travestissement de la joie du Saint-Esprit ; celle-ci jaillit du dedans de nous.  

«Ma joie…. en Vous »  

Il est bon de remarquer, puisque tout fruit de l'Esprit est une manifestation de la vie de Christ dans le croyant, que le Seigneur a formellement promis à ses disciples de leur donner sa propre joie (Jean : 15 / 17 ; 17/ 13). Cette joie semble composée de trois éléments essentiels :  

a) L'accomplissement de la volonté de Son Père (Jean : 4 / 34)  

b) La recherche des « brebis perdues » (Luc : 15 / 5)  

c) La joie dans la sagesse et l'amour de Son Père (Luc : 10 / 21).  

Il nous est facile de voir comment les trois sources de la joie de notre Seigneur sur cette terre correspondent aux phases déjà étudiées de notre propre joie, fruit de son Esprit.  

a) Notre joie première de délivrance du péché. Christ, était sans péché ; mais le péché est essentiellement une rébellion contre la Volonté manifestement connue de Dieu. Nos premiers pas dans l'obéissance librement consentie marquent notre première délivrance de la puissance et de la condamnation du péché, et nous ramène à la joie pure de Christ dans l'obéissance parfaite à Son Père en toutes choses.  

b) Notre joie de servir, de participe à l'œuvre de Celui qui est venu « chercher et sauver ce qui était perdu », de « partager le travail qui fait venir son Règne ».  

c) Notre joie finale et complète lorsque nous recevons pour nos âmes la révélation de l'amour et de la sagesse de Dieu par son Esprit, et L'aimons pour Lui-même.  


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CHAPITRE IV  




LA PAIX  

Hier soir, j'étais sur le pont du transatlantique ; je regardais les étoiles pendant que le navire suivait sa marche régulière à travers une mer calme, par une fraîche nuit des tropiques. Un frère en Christ, prédicateur, était assis à côté de moi, et nous nous entretenions des choses de Dieu. Toute la journée une activité incessante et des jeux continuels s'étaient déroulés sur le pont parmi les passagers ; ceci semble bien caractériser le contraste que nous éprouvons souvent entre la joie et la paix. Chacun d'entre nous, à certaines heures, aspire à la paix plus encore qu'à la joie. Un des plus beaux noms donnés à notre Père Céleste est celui de « Dieu de Paix », (Romains : 16 / 20 ; 2 Corinthiens : 13 / 11). Nous ne pourrions jamais prononcer de bénédiction plus propre à remplir un cœur que celle-ci « Que la Paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, garde vos cœurs et vos pensées »….  

Un merveilleux héritage  

Nous aimons généralement faire en sorte que nos biens les plus chers aillent à ceux que nous aimons le plus. Il semble qu'un tel désir emplissait le cœur du Seigneur Jésus la nuit même où il fut trahi. « Je vous laisse ma paix », dit-il à Ses disciples. (Jean : 14 / 27).  

Combien merveilleuse avait toujours été cette paix ! Au milieu de la tempête, sur le lac. Il ne connaissait aucune inquiétude ; devant les démons, Il était le Maître absolu ; la foule hostile, Il la traversait simplement, gardé par une tranquillité, une paix invincibles. John Wesley, dans ses mémoires, rend le témoignage qu'il possédait une paix semblable devant les foules hostiles de son temps ; c'était le fruit de l'Esprit, sa part personnelle du grand héritage que Christ laisse à tous ses vrais serviteurs.  

Je connais une belle histoire d'un vieux martyr. Pendant que le feu s'allumait autour de lui, il dit à l'officier présent de placer la main sur son cœur. La tranquillité merveilleuse de ce cœur étonna si profondément le persécuteur qu'il devint, lui, aussi, un chrétien.  

Cette paix, héritage divin du Sauveur, est apportée à nos vies comme un fruit de Son Esprit demeurant en nous.  

La paix grandit  

Naturellement, elle nous est d'abord donnée là où la paix de Jésus avait toujours reposé depuis le commencement - dans une union parfaite avec le Père. La seule source, véritable de cette paix pour notre vie est dans la justification.« Etant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ » (Romains : 5 / 1). C'est la « paix par le sang de Sa Croix » (Ephésiens : 1 / 20).  

Voilà le commencement : mais la paix peut et doit grandir. Le 11 novembre 1918, l'armistice fit taire les canons, et la guerre prit fin. Cependant les nations étaient organisées pour la guerre, et des mois devaient s'écouler avant que les conditions de paix, ne fussent réellement établies dans tous les pays. De grandes usines à munitions devaient être transformées ou détruites, des millions de soldats démobilisés et ramenés peu à peu à des occupations paisibles.  

Ainsi en est-il de l'âme : la conversion signifie l'abandon des armes de la rébellion et de la guerre contre Dieu, mais il se passe souvent un temps assez considérable avant que notre être tout entier soit soumis à l'influence bienfaisante de Sa paix divine. Pour beaucoup de chrétiens, elle ne s'étend jamais au-delà du sentiment que leurs péchés sont pardonnés, et de l'assurance d'un pardon final. Leur vie est remplie d'une anxiété et d'une inquiétude continuelles, ils sont, même dans l'église, une source fréquente d'inquiétude et de trouble, ne possédant pas eux-mêmes la paix et ôtant la tranquillité des autres.  

Le champ de bataille de notre esprit  

Les luttes les plus dures se déroulent généralement dans notre esprit. Ceci ajoute à la beauté significative des douces paroles d'Esaïe (Esaïe : 26 / 3) « A celui qui est ferme dans ses sentiments tu assures la paix, la paix, parce qu'il se confie en Toi ». Elles nous parlent de l'esprit humain en repos, rempli de la connaissance du Tout-Puissant, assuré que l'Eternel suffit pour résoudre toutes les difficultés. Une telle paix est véritablement un fruit de l'Esprit, car Son œuvre est de nous donner « un esprit de sagesse et de révélation dans Sa connaissance ». (Ephésiens : 1/ 17-18).  

Nous oublions souvent que nous pouvons occuper nos pensées à tout ce que nous voulons.  

Tant de personnes considèrent que l'esprit humain est toujours la victime impuissante des circonstances ! Pourtant ce n'est pas exact. Dans un passage célèbre Paul dit, littéralement : « L'attachement aux choses de la chair, c'est la mort, mais l'attachement aux choses de l'Esprit c'est la vie et la paix ». (Romains : 8 / 6). Nous pourrions peut-être traduire par l'« attention » aux choses de l'Esprit. Moffatt traduisait ainsi : « l'affection de la chair, c'est la mort, mais l'affection de l'Esprit c'est la vie et la paix ». Dans tous les cas l'enseignement est clair. Si nous voulons la paix, notre attention doit être portée aux choses de l'Esprit. Nous pouvons délibérément suivre cette voie par nos habitudes, par des lectures, par l'assistance aux réunions, par la méditation, en travaillant pour Christ. Si nous laissons le monde accaparer notre esprit, nous ne devons pas nous étonner de perdre la paix de Dieu. Un homme, en lisant un « roman policier » émouvant avant de se coucher, pourrait tout aussi bien se plaindre de cauchemars la nuit !  

Nous avons deux moyens spécifiques de garder notre esprit dans la paix de Dieu.  

a) Apporter toutes choses à Dieu « par la prière avec actions de grâces ». « Ne vous inquiétez de rien, mais en toutes choses faites connaître vos besoins à Dieu par des prières et des supplications avec actions de grâces. Et la paix de Dieu, qui surpasse toute intelligence, gardera vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ » (Philippiens : 4 / 6-7) « gardera comme par une garnison vos cœurs et vos pensées en Jésus-Christ » (Philippiens : 4/ 6-7).  

Newberry).  

b) Aimer d'une manière pratique la Parole de Dieu « Il y a beaucoup de paix pour ceux qui aiment ta loi, et il ne leur arrive aucun malheur » (Psaume : 119 / 65). On considère souvent le prophète Daniel comme l'auteur de ce psaume ; s'il en est ainsi, il nous révèle la source de la paix qui était sienne même dans la fosse aux lions. Quel contraste avec le pauvre roi, privé de tout sommeil ! (Daniel : 6/ 18).On peut citer l’exemple du fils du capitaine qui, sachant son Père à son poste, s’est endormi en paix.  

En observant ces règles, nous verrons certainement le fruit de l'Esprit, la paix, grandir dans nos cœurs. Quelle bénédiction ne serons-nous pas pour les autres, souvent à notre insu !  

La paix dans l'Assemblée  

Mais cette paix de Dieu n'est pas seulement une bénédiction personnelle pour chacun de Ses enfants ; elle est un héritage de notre vie commune dans l'Eglise : « La Paix de Christ, à laquelle vous avez été appelés pour former un seul corps (Colossiens : 3 / 15). Les assemblées qui ne la connaissent pas sont bien tristes.  

Elle est notre héritage commun en Christ, mais ce fait ne nous dispense nullement de l'obligation de la préserver avec soin. L'un des moyens d'y parvenir est d'éviter toute controverse inutile. « Repousse les discussions folles et inutiles, sachant qu'elles font naître des querelles » (2 Timothée : 2 / 23). Certaines personnes n'aiment rien mieux que de toujours argumenter. D'autres, faute de bon sens, semblent ne jamais savoir en quelles occasions, à quels moments, rester bouche close sur un sujet de controverse: Par bonheur il en existe qui ont cette sagesse.  

Une belle anecdote que j'entendis en) Australie nous servira d'illustration. Un certain prédicateur anglais avait enseigné ! un point secondaire de doctrine sur lequel les assemblées australiennes n'étaient pas d'accord. Très timidement, un jeune pasteur, accompagné de ses diacres, l'aborda et lui demanda de ne pas continuer, pour la paix de l'assemblée. Le célèbre évangéliste prit un moment un air sévère et dit : « Savez-vous ce que je vais faire ? » Ils répondirent non, et pensaient qu'il allait sans doute mettre fin à la série de réunions spéciales (certains auraient agi de la sorte). A leur grand bonheur il répondit : « Je vais vous embrasser tous ! ». Il le fit, et ne mentionna plus jamais le sujet de controverse.  

Oh ! puissions-nous avoir plus d'hommes sachant manifester une telle sagesse, une telle grâce divine !  

Un autre domaine sur lequel nous devons veiller avec soin, pour préserver la paix des assemblées de Pentecôte est l'exercice des dons spirituels. Employés d'une manière correcte par l'Esprit de Dieu, ils doivent toujours contribuer à la paix et à l'union. Paul résume la chose en ces mots : (« Dieu n'est pas un Dieu de désordre, mais de paix » (1 Corinthiens : 14 / 33).  

A Corinthe les « esprits des prophètes » n'étant pas bien contrôlés, quelques-uns des usages des dons spirituels étaient loin d'ajouter à la paix de l'assemblée. Si nous voulons voir le fruit vital de l'Esprit, la paix, grandir dans nos églises, nous devons soigneusement veiller à ce point. Ce n'est pas trop dire d'affirmer qu'en règle générale nous pouvons juger de la mesure dans laquelle un don spirituel est exercé par l'Esprit de Dieu par la manière dont il contribue à la paix de l'assemblée, ou y fait obstacle, étant entendu toutefois que l'assemblée désire sincèrement voir l'Esprit de Dieu agir en toute liberté.  

Les églises qui vivent dans la paix sont toujours spirituellement les plus saines cultivées ce fruit est donc une des préparations les plus efficaces à un accroissement général. « L'Eglise était en paix…et elle s'accroissait » (Actes : 9 / 31) La paix véritable n'est pas synonyme de paresse : elle est le fond nécessaire à toute activité heureuse et utile. Elle est essentiellement l'atmosphère de la moisson active des champs.  

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CHAPITRE V  

LA LONGANIMITE (LA PATIENCE)  

La « longanimité » nous ramène aux tout premiers temps, quand l'histoire des rapports de Dieu avec les hommes était encore jeune, « lorsque la patience de Dieu se prolongeait, aux jours de Noé ». (1 Pierre : 3 / 2).  

Fait remarquable, le cercle se complète ; la patience de Dieu opère de nouveau vers la fin, retenant le plus longtemps possible le jour inévitable du jugement : « Le Seigneur ne tarde pas dans l'accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais Il use de patience envers vous, ne voulant pas qu'aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance. Le jour du Seigneur viendra…. (2 Pierre : 3 / 9).  

Un attribut de Dieu  

La longanimité, fruit de l'Esprit, est l'un des attributs du Tout-Puissant. Elle forme partie du nom éternel (Exode : 34 / 6) ; elle est une raison fréquente d'adoration et de louange.  

Elle se révèle d'une manière particulière dans la patience et la miséricorde divines envers les pécheurs (et non envers leur péché). Ce gracieux attribut de la Divinité brille d'une lumière plus grande encore si nous nous rappelons que tout péché est finalement une offense personnelle contre un Dieu personnel. Ce sentiment permet aux pécheurs réconciliés avec Dieu par Christ d'apprécier Sa longanimité avec plus de profondeur. Paul dit : « J'ai obtenu miséricorde, afin que Jésus-Christ fit voir en moi le premier toute Sa longanimité pour que je servisse d'exemple (1 Timothée : 1 / 16).  

Le but de la longanimité divine est d'amener les hommes à la repentance. (Romains : 2 / 4). Il importe de se rappeler ceci : la patience divine a un but. Elle n'est pas seulement une endurance passive et sans objet. Elle diffère en cela d'une simple résignation à l'inévitable.  

Il s'ensuit donc que la longanimité véritable est essentiellement volontaire. Dieu n'est pas obligé de souffrir longtemps les malfaiteurs. Il le fait parce que l'amour est « patient et plein de bonté » (1 Corinthiens : 13 / 4) et ceux qui font preuve de longanimité agissent ainsi dans le dessein ferme de manifester de la bonté.  

Un fruit de l'Esprit  

Nous devons contempler la longanimité à sa source même dans le cœur de Dieu, en nous rappelant que ce fruit de l'Esprit résulte directement de notre participation à la nature divine, et ne parvient à maturité que par notre communion constante avec Dieu.  

La ressemblance entre Dieu et ses enfants peut ici devenir très belle. Je n'oublierai jamais la remarque passagère d'un pasteur fidèle que j'entendis dans ma jeunesse. Certaines personnes s'opposaient âprement à lui, cherchant à entraver son ministère et à y porter atteinte par tous les moyens en leur pouvoir. Quelques- uns d'entre nous étaient émerveillés de la manière dont il supportait leurs insultes et leur perversité. « Dieu est patient avec eux, je peux l'être aussi », dit-il simplement.  

L'épître aux Colossiens contient une déclaration importante au sujet de la longanimité (Colossiens : 1 / 11). « Fortifiés à tous égards par Sa puissance glorieuse, en sorte que vous soyez toujours et avec joie persévérants et patients ». Deux idées sont particulièrement frappantes dans ce passage :  

a) L'objet d'un tel revêtement de puissance doit être la longanimité. Nous pensons généralement que ce revêtement est donné dans le seul but de nous permettre d'accomplir des œuvres grandioses en son Nom, et de remplir un ministre puissant et varié. La « longanimité » est cependant ici la fin spécifique de la puissance, et cela peut apporter à quelques personnes une lumière nouvelle sur le but pour lequel nous recevons le Baptême du Saint-Esprit. Sans aucun doute, il est accordé parfois pour faire de certains hommes des « colonnes » dans l'Eglise (Galates : 2 / 9). De tels hommes sone toujours d'une valeur et d'une importance de premier ordre. Il arrive que des prédicateurs brillamment doués, des travailleurs actifs pour Christ, aient peu de valeur comme « colonnes » simplement parce qu'ils ne montrent pas assez de longanimité. Leur ministère aurait peu d'occasions de s'exercer sans le concours d'assemblées déjà établies, qui subsistent grâce aux véritables colonnes que sont leurs pasteurs et leurs anciens.  

b) La seconde chose digne de remarque est que nous devons être persévérants et patients avec joie. Or, ceci est un point capital. Nombre de personnes se parent d'une caricature de la longanimité. Elles se vantent de leur patience, et ne cessent de publier leur douceur et leur résignation remarquables. Leurs soupirs feraient honneur à une machine à vapeur ! Tout cela n'est pas le fruit de l'Esprit ; la longanimité qu'il donne est joyeuse, elle chante. Moffatt traduit ainsi ce passage. « En sorte que vous soyez toujours joyeusement patients ».  

Un produit des hivers de Dieu  

Lorsque, dernièrement, je quittai ma maison en Angleterre, c'était au milieu de l'hiver.  

Beaucoup d'arbres étaient dénudés et le givre couvrait le sol. Je fis le tour des parterres que j'avais plantés, et songeai aux couleurs gaies des fleurs qui les avaient remplis l'été précédent : tout était disparu. Nous avons seulement pu préparer dans la serre des couches pour une culture entièrement nouvelle de plantes annuelles délicates.  

Cependant, au dehors, les racines des grands vieux arbres, solides et robustes, toujours pleins de vie, pénétraient profondément dans la chaleur du sol ; et des touffes de plantes vivaces sortaient déjà de terre, pour voir si le printemps approchait.  

La longanimité possède les caractéristiques de ces vieux arbres précisément parce qu'elle est le produit des hivers, comme des étés de Dieu. Elle a la force des choses qui viennent à maturité par l'épreuve. De toute évidence ce fruit de l'Esprit ne peut croître en nous sans que nous soyons éprouvés. Car, qui peut « souffrir » sans avoir connu l'épreuve ? Et qui peut « souffrir longtemps » sans épreuve prolongée ? Sûrement le dessein de Dieu dans les tribulations de Ses enfants est de produire et de perfectionner en nous, de la seule manière possible, ce fruit de l'Esprit.  

Le malheur peut avoir deux effets distincts. Il peut remplir d'amertume ou de tendresse. Les patriarches Job et Joseph sont, dans la Bible, les deux grands exemples de tribulation produisant la patience et c'est une des plus grandes beautés de l'histoire que Joseph, après dix années de prison par une injustice grossière. apparaisse aussi libre d'amertume, aussi radieux qu'une matinée de printemps, toujours animé d'une foi lumineuse, et d'un amour triomphant.  

La marque d'un serviteur approuvé.  

La longanimité véritable est qualité plutôt rare. Nous trouvons souvent le défaut opposé, fort peu attrayant : la vivacité et la mauvaise humeur. Et, murmurons-le tout doucement, les prédicateurs même ne manifestent pas toujours autant de longanimité qu'on pourrait en attendre.  

La Bible elle-même donne quelques exemples. Il y a Jonas. Il put amener une grande ville à la repentance par sa prédication, mais se montra coléreux comme tout au sujet du ricin. (Jonas : 4 / 9). Et, pouvons-nous le dire ? Il n'était pas le dernier prédicateur enflammé de la justice, qui pouvait avoir l'humeur excessivement difficile quand sa prédication était terminée, si tout n'allait pas comme il l'entendait. De tels hommes peuvent avoir du succès comme prophètes et évangélistes ; ils ne font que de piètres pasteurs.  

Même les douze apôtres nous donnent un exemple d'impatience par leur attitude à l'égard des mères qui amenaient leurs petits enfants à Jésus, et la manière dont ils les congédièrent brièvement. Certains types de spiritualité semblent toujours d'une impatience étrange avec les enfants. Mais le Seigneur Jésus n'était pas ainsi.  

Nul ne peut se permettre de négliger ce fruit de l'Esprit s'il veut devenir un ministre approuvé de Dieu. L'Ecriture le compte expressément parmi les caractères distinctifs d'un tel homme. (2 Corinthiens : 6 / 4-6). Il doit prendre soin de le manifester dans sa prédication, et « reprendre, censurer, exhorter avec toute douceur et en instruisant ». (2 Timothée : 4 / 2.) Qu'il est facile de laisser une note d'impatience et d'irritation se glisser dans un sermon ! Les gens paraissent parfois si lents à comprendre et à montrer quelque approbation. Seul l'Esprit de Christ peut nous donner la grâce de répéter à plusieurs reprises les mêmes vérités, dans le langage le plus simple possible, jusqu'à ce que les auditeurs semblent vraiment commencer à comprendre. Le prédicateur peut en être persuadé : qu'ils saisissent ou non la doctrine, ils sentiront bien sa disposition d'esprit, et rien ne fermera plus effectivement leurs cœurs que de ressentir son impatience envers eux.  

Je me souviens d'une convention, en Angleterre, pendant laquelle un prédicateur fit, de l'estrade même, des reproches à l'assemblée pour son inattention. Il parlait du Calvaire à une réunion de croyants. Pauvre prédicateur ! Nous n'avons plus beaucoup entendu parler de lui et cela n'est pas étonnant. Il lui fallait chercher en lui-même la raison de son échec. Il ne possédait qu'une connaissance intellectuelle, et s'impatientait que nous ne nous laissions pas éblouir quand nos cœurs n'étaient pas touchés.  

Nos vies prêchent des sermons plus efficaces que ne le font nos paroles. Un prédicateur doit manifester de la longanimité dans sa conduite s'il veut gagner les âmes. (2 Timothée : 3 / 10). J'ai été parfois émerveillé de voir comment certains des pasteurs les plus actifs que je connaisse,- des hommes auxquels sont confiés de grandes et vivantes assemblées - semblent avoir du temps à perdre, une patience illimitée, pour rendre visite à toutes sortes de personnes déraisonnables, sans importance apparente, et pour causer avec elles. Mais n'est-ce pas là, après tout, la raison secrète de leur succès ? Je pense que oui.  


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CHAPITRE VI  




LA BENIGNITE (LA BIENVEILLANCE)  

Dans une certaine aciérie d'Angleterre il y a un marteau-pilon très puissant. Après avoir expliqué et démontré aux visiteurs sa force exceptionnelle, l'opérateur termine généralement la démonstration en cassant une noix avec ce grand marteau-pilon. Et la noix est ouverte aussi doucement, aussi proprement qu'avec un petit casse-noisette à main. Voilà la bénignité véritable.  

Car la bénignité ne doit jamais être confondue avec la faiblesse. Elle est la puissance sous un contrôle parfait.  

La bénignité de Dieu.  

II faut la force rude de l'homme, et la tendresse éclairée de la femme, pour former la douceur la plus belle. C'est la bienveillance au sens le meilleur et le plus complet du mot.  

Car Dieu est bienveillance, et manifester la bénignité comme fruit de l'Esprit, c'est ressembler à Dieu dans un de ses attributs les plus aimables « Vous serez fils du Très-Haut, car il est bon. » (Luc : 6 / 35).  

Lorsque les hommes, sous l'inspiration du Saint-Esprit, veulent décrire cette caractéristique du Tout-Puissant, ils parlent généralement de Lui comme d'un « Berger ». Cette bienveillance divine non seulement fit grand David (Psaume 18:35), mais elle l'inspira aussi à commencer un de ses psaumes les plus admirables par ces mots : « L'Eternel est mon Berger ». La grande bonté, les compassions de l'Eternel sont un thème constant de louanges.   

Le passage de l'Ecriture qui, peut être, nous permet le mieux de comprendre et d'apprécier la douceur divine est Esaïe : 40 : 10-12. Le verset central est rempli d'une beauté paisible et forte : « Comme un Berger, il paîtra son troupeau, il prendra les agneaux dans Ses bras et les portera dans son sein ; il conduira doucement les brebis qui allaitent ». Cependant, les versets qui précèdent et suivent immédiatement ce joyau d'une douceur exquisément révélée contiennent une description éloquente de la puissance du bras de l'Eternel, le Gouverneur Tout-puissant, et de Sa sagesse infinie comme Créateur des extrémités de la terre, de celui qui a pris les dimensions des cieux avec la paume. Le contraste est superbe, et donne une conception exacte de la bénignité véritable, - la puissance, sous le contrôle de l'amour parfait.  

Paul, dans la seconde Epître aux Corinthiens, parle de la « douceur et de la bonté de Christ » (2 Corinthiens : 10 / 1) En lui, la prophétie fut accomplie : « il ne brisera point le roseau cassé, et n'éteindra point la mèche qui brûle encore » (Esaïe : 42 / 3).  

La bienveillance de notre Seigneur fut manifestée dans ses rapports avec les malades, les pauvres, les enfants, les pécheurs. Tous ceux qui comptaient au nombre des « roseaux brisés » en éprouvaient la bonté. Sa bénignité apparaît dans un trait plein de beauté, à la résurrection de la fille de Jaïrus. Il fait d'abord sortir la foule bruyante des gens qui pleurent et entre avec le père et la mère seuls; puis, avec une douceur exquise, il prend la main de la jeune fille et la réveille du sommeil de la mort. Enfin, ce trait final : il ordonne de lui donner à manger.  

Il est vrai qu'il réprimanda les fièvres, et qu'il fut sévère avec les dénions, mais nous avons pensé que les enfants de Dieu agissant en Son Nom gagneraient parfois à Lui ressembler un peu plus dans la bienveillance.  

La bénignité avec les âmes.  

Ce fruit de l'Esprit de Dieu est d'une importance primordiale chez un ministre de l'Evangile, dont le travail est souvent délicat. L'âme humaine est la création la plus merveilleuse de Dieu, et pour la diriger d'une manière tant soit peu efficace, ainsi qu'un serviteur de Christ est souvent, par son ministère, appelé à le faire, il faut une habileté donnée par le ciel même, et maintenue dans la perfection par une marche étroite avec Dieu. Ceux d'entre nous qui ne sont pas mis à part pour l'œuvre spéciale du ministère doivent se souvenir que nous sommes tous appelés à être en contact avec d'autres âmes, sur le chemin de la vie. Nous avons tous besoin de la bienveillance pour nous garder d'infliger des blessures inutiles, et pour apporter le peu de secours dont on a si souvent besoin.  

a) Comme une mère avec ses enfants.  

Paul, en écrivant aux Thessaloniciens, déclare : « Nous avons été doux au milieu « de vous, comme une nourrice qui prend « un tendre soin de ses propres enfants ». (1 Thessaloniciens : 2 / 7) (Version Synodale). Nous devons nous rappeler que les débutants de la vie chrétienne sont décrits par l'Esprit de Dieu comme des « enfants nouveau-nés ». (1 Pierre : 2 / 2).  

Les croyants plus anciens semblent parfois l'oublier. Ils imposent à de jeunes convertis des niveaux spirituels applicables seulement à des chrétiens d'une expérience mûre. Nous ne suggérons pas un instant que les niveaux ultimes de la sainteté peuvent ou doivent être changés, mais nous sommes convaincus qu'il y a lieu d'exercer beaucoup de bonté, de bienveillance, lorsque de nouveaux convertis croissent dans la grâce. Les mères et les nourrices sont très douces avec de petits enfants qui ne savent pas encore se bien tenir à table ; elles ne grondent certainement pas le petit qui tombe en faisant ses premiers pas.  

Nous avons encore besoin de quelques Elisées pour dire aux Naamans « d'aller en paix » au lieu de les charger de fardeaux trop lourds à porter (2 Rois : 5 / 18-19). C'est faute d'une bénignité raisonnable que certains nouveaux convertis pleins de promesse ont été rejetés dans le monde.  

Lorsqu'un croyant récemment baptisé du Saint-Esprit commet dans l'Assemblée une erreur dans l'exercice d'un don spirituel, c'est une brutalité complète de le reprendre dans une réunion. Si la chose est inévitable, elle doit être faite avec un grand tact, une grande bienveillance. Mais la bonté vraie préférera toujours l'avertissement privé.  

De même, c'est manquer de bonté réelle que de confier trop hâtivement une fonction à un jeune croyant. Aucune mère ou nourrice sage n'agirait ainsi avec les enfants qui lui sont confiés. « Il ne faut pas qu'il soit un nouveau converti, de peur qu'enflé d'orgueil….. (1 Timothée : 3 / 16). Nous devons payer cher pour nos fautes.  

Les enfants nouveau-nés doivent recevoir le « lait spirituel et pur », mais il faut de la douceur pour les nourrir avec adresse, comme le savent fort bien tous ceux qui ont dû élever au biberon un jeune bébé. Certains pasteurs (et quelques moniteurs d'école du Dimanche) ont encore à apprendre l'art de donner la Parole sous forme de « lait ». Ne vous plaignez pas de la perte de l'appétit spirituel chez ceux qui vous sont confiés, si vous leur donnez comme nourriture la viande coriace d'une théologie systématique qui convient seulement à des élèves de troisième année dans une faculté, ou les ossements d'une doctrine de controverse dont la discussion serait mieux placée à une réunion privée de conseil presbytéral. N'avez-vous jamais songé que ce n'était vraiment pas charitable ?  

b) Comme une garde avec ses malades  

Peut-il y avoir de démonstration plus parfaite de la douceur et de la bonté que la manière d'agir d'une infirmière adroite envers son malade ? Et, malheureusement, beaucoup de personnes sont malades dans leur âme.  

Nous connaissons les symptômes habituels ; et combien leur ressemblance est frappante dans les domaines physique et spirituel. La perte de l'appétit, l'irritabilité, une sensibilité excessive, une vivacité à prendre offense, une humeur chagrine, un mécontentement de tout, une antipathie au travail, un désir revêche de se séparer du reste de la famille. Ce sont là les marques infaillibles d'un chrétien malade.  

Nous sommes très fortement tentés de nous irriter contre des gens dans une telle condition, et nous sentons qu'une bonne secousse, et quelques rudes paroles leur feraient beaucoup de bien. Mais généralement la douceur l'emporte. « Le serviteur du Seigneur doit avoir de la condescendance pour tous, être propre à enseigner, doué de patience ; il doit redresser avec douceur les adversaires ». (2 Timothée : 2  / 24-25). Maint pasteur a gagné plusieurs de ses membres les plus fidèles par une bienveillance persévérante devant une irritabilité et des malentendus volontaires.  

Quelquefois, lorsque les gens sont malades, nous devons respecter la tranquillité de leur chambre ; nous ne pouvons nous permettre de siffler, chanter, ou engager des conversations bruyantes, si enclins que nous soyons à le faire, nous qui jouissons d'une pleine santé. Loin de nous de suggérer d'éteindre l'Esprit ; nous voulons dire que Sa douceur nous incitera à modérer l'exubérance de nos propres sentiments dans bien des occasions où nous sommes en présence de chrétiens ne possédant pas notre plénitude de santé et de vie spirituelles.  

C'est là se conformer au principe scripturaire de ne pas laisser notre liberté personnelle devenir une pierre d'achoppement pour un frère plus faible. Et les fruits de l'Esprit ne seront jamais en conflit avec les dons spirituels exercés « dans l'Esprit ».  

Comme un artisan avec son travail.  

Je regardai un jour un potier travaillant sur son tour. Je fus impressionné par la sensibilité merveilleuse de ses doigts, et la forme donnée au vase par la moindre pression sur l'argile. Il y a toujours quelque chose de noble et d'instructif dans toute œuvre d'artisan habile.  

Les artisans de Dieu ont besoin du doigté le plus sensible entre tous, car leur travail est d'une importance très grande, de conséquences éternelles. La douceur forme partie de l'adresse indispensable pour accomplir une telle oeuvre de maître artisan. Les attributs de la sagesse que Jacques énumère impliquent cette douceur : « La Sagesse d'En-Haut est premièrement pure, ensuite pacifique, modérée, conciliante, pleine de miséricorde » (Jacques : 3 / 17).  

Toutes ces choses, pour être dirigées en bénédiction sur les âmes, nécessitent le doigté d'un artiste. Les artistes ont toujours leur place.  

Quelle habile bienveillance ne faut-il pas pour gagner les âmes ! Il est instructif de contempler le Maître à l'oeuvre avec Nathanaël, avec Nicodème, avec la Samaritaine près du puits, avec Zachée, avec Pierre… oui, et avec vous et moi. Grâces soient rendues à Dieu, il possède encore de nos jours de nombreux experts, des ouvriers habiles, équipés du fruit de l'Esprit, la douceur, pour la plus grande de toutes les tâches.  

L'adresse d'un très bon pilote est indispensable dans une assemblée, - celle de l'homme qui peut lui apporter la « direction du Saint-Esprit » - pour garder les réunions loin des écueils et des remous, dans l'eau profonde de la plénitude des bénédictions spirituelles, tout en faisant le moins possible appesantir son autorité. Un tel frère, s'il est véritablement expert, possédera le don et la fonction de « gouverner » (1 Corinthiens : 12 / 28) ; littéralement de « pilotage ». Nous sommes persuadés cependant que le fruit de la bienveillance accompagnera le don reçu.   

En de rares occasions, lorsqu'un grand vaisseau suit en mer une marche rapide, un danger soudain peut contraindre le pilote à changer brusquement la direction du navire. Mais cela le soumet de toutes parts à une tension considérable, et le met presque en morceaux. Le pilote conduit habituellement le navire avec douceur, et seul un grand danger imprévu le fera déroger à cette règle. Quel choc n'y a-t-il pas aussi dans une assemblée, quand celui qui préside gît sans douceur, d'une manière arbitraire!  

Voyez le contraste entre la puissance d'un grand transatlantique, et la douceur superbe avec laquelle il est toujours amené à quai I Le vaisseau ralentit sa marche, et semble se mouvoir à peine. Il se rapproche de plus en plus, en silence, du rivage ; un mince cordeau est lancé, puis un câble plus épais, et ainsi, mètre par mètre, l'énorme vaisseau est amené sans danger contre la jetée.  

Je fus frappé plus encore par l'atterrissage d'un grand aéroplane, car à ce moment-là je m'attendais vraiment à une forte secousse. Nous avions été avertis de nous attacher à nos sièges par des courroies, pour une telle éventualité. Mais le pilote amena si habilement l'avion au sol que l'atterrissage fut à peine perceptible. Le Seigneur veut, dans assemblées, des pilotes qui puissent agir de même dans une réunion !  

Dans l'accomplissement des desseins éternels de Dieu, déversant Son Esprit avec puissance à la Pentecôte, il restera toujours une place essentielle pour le fruit de l'Esprit, la bénignité.  

Elle est une des qualités indispensables aux grands dons spirituels, et la marque de l'ouvrier revêtu de la Puissance d'En-Haut, sous le contrôle du parfait amour.  

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CHAPITRE VII  

LA BONTE.  

La bonté est tombée de nos jours dans un genre de discrédit ; non pas, à vrai dire, la qualité elle- même, mais le mot qui la désigne. Nous appelons parfois certaines gens des « saintes nitouches » (1), et nous entendons par là un type de personnes d'une dévotion affectée souvent entachée d'hypocrisie. (1) En anglais « Goody-good », littéralement des bonnes « bonnes-femmes »  

Dans le langage moderne, le mot qui semble le mieux qualifier cette bonté robuste et vraie, fruit de l'Esprit, est le mot « solide ». Ainsi, nous disons souvent que certaines marchandises sont des marchandises « solides » ; qu'un cordonnier fait un «travail solide » pour la réparation de nos chaussures, et de certaines personnes, pour employer une locution expressive, qu'elles sont des « gens solides » .  

Une telle expression ne suppose pas, généralement, une habileté spéciale, au contraire. Par « gens solides » nous voulons communiquer l'idée du caractère plutôt que de dons particuliers. Nous entendons par là qu'ils ont une personnalité bien équilibrée, un caractère tout à fait honnête ; nous pouvons compter sur eux, et ils forment dans les chemins de la vie une société excellente. Voilà la bonté véritable. Et combien belle aussi !  

La bonté passive.  

La bonté semble avoir deux aspects. Nous pourrions les appeler bonté active et bonté passive, quoique l'expression « passive » ne puisse être employée ici que dans un sens très restreint, car la bonté exerce toujours une influence très active.  

Notre Seigneur Lui-même décrivit la bonté passive lorsqu'Il compara Ses disciples au « sel de la terre ». (Matthieu : 5 / 30). L'idée mise en évidence est l'effet préservatif invisible qu'exerce le sel sur toutes les choses avec lesquelles il vient en contact. La société est corrompue par le péché : seule, l'existence, presque inaperçue parfois, de l'Eglise de Dieu dans le monde, empêche la démoralisation complète. Abraham intercédant pour Sodome, et la promesse divine de ne pas détruire la ville s'il s'y trouvait seulement dix justes, vient à l'esprit comme une illustration de ce principe. (Genèse : 18).  

Il n'est pas difficile de voir l'influence tranquille mais puissante d'un homme, d' une femme vraiment bons sur leur entourage. Nous avons tous remarqué comment l'arrivée d'une telle personne dans un groupe de gens du monde mettra sensiblement frein à l'impureté et à la mondanité de la conversation. De même, le ton moral d'une maison de commerce ou d'une maison privée sera relevé par l'humble bonté d'un de ses membres influents.  

Une telle puissance discrète exige toutefois une bonté qui soit partie intégrante du caractère.  

Une contrefaçon tout extérieure, revêtue pour des motifs de gain égoïste ou de commodité personnelle, est généralement vite jugée. La bonté véritable est chose que l'on ressent, - l'hypocrisie aussi.  

Elle peut se corrompre rapidement, et son influence n'aura pas une portée bien grande sur la base d'une réputation déjà acquise. Les hommes oublient une erreur passagère dans l'exercice d'un don bien plus facilement qu'un défaut de caractère. Notre Seigneur exprima très ouvertement cette vérité : « Le sel est une bonne chose : mais si le sel perd sa saveur, avec quoi l'assaisonnera-t-on ? Il n'est bon ni pour la terre ni pour le fumier ; on le jette dehors ». (Luc : 14 / 34-35).  

Demeurer bon, au sens véritable du mut, implique une marche étroite avec l'Esprit de Dieu.  

C'est une bénédiction de savoir que là où cette marche est maintenue par la grâce divine, le fruit de l'Esprit sera la récompense certaine. La communion avec ce qui est « vertueux et digne de louange » fera germer en nous cette qualité divine, aussi sûrement que le soleil apporte de la couleur à la pèche et à la pomme de la douceur.  

La bonté active.  

La bonté n'est pas seulement passive, comme « qualité » du caractère. Elle se manifeste sous forme de bonnes œuvres.  

« L'homme bon tire de bonnes choses de son bon trésor ». (Matthieu : 12 / 35).  

Cette déclaration, du plus grand de tous les Maîtres, est claire comme le cristal dans les trois aspects de la vérité qu'elle nous présente : d'abord, l'homme vraiment bon ; deuxièmement le « trésor » qu'un tel homme doit certainement amasser dans son cœur ; troisièmement, la révélation de ce « trésor » devant le monde. J'ai eu le privilège de connaître intimement un tel chrétien, en Ecosse ; il était délicieux de découvrir, le soir, par l'art de la conversation, les « choses excellentes » que renfermait son coeur. La pauvreté de la conversation est souvent l'indice d'une bonté bien faible.  

Ne nous faisons aucune illusion au sujet des bonnes oeuvres. Une expérience présumée de l'Esprit de Dieu, ou la foi qui ne produisent pas d'oeuvres bonnes, sont pure vanité. « Afin qu'ils voient vos bonnes oeuvres, et glorifient votre Père qui est dans les cieux ». « Pour marcher d'une manière digne du Seigneur, portant des fruits en toutes sortes de bonnes oeuvres ». « Afin que ceux qui ont cru en Dieu s'appliquent à pratiquer de bonnes oeuvres. (Matthieu : 5 / 16 ; Colossiens : 1/ 10 ; Tite : 3 /  .  

Voici un fruit de l'Esprit vu et apprécié de tous les hommes, une preuve convaincante, même pour le non-croyant, de la réalité de l'oeuvre accomplie par Christ pour nos âmes. « Afin que…. ils remarquent vos bonnes oeuvres, et glorifient Dieu au jour où Il les visitera ». (1Pierre : 2 / 12). Il n'est pas nécessaire d'amonceler référence sur référence.  

Un fait mérite cependant d'être relevé : ceux qui se vantent d'une spiritualité profonde courent parfois le plus grand danger de négliger les aspects pratiques de la religion véritable. Lorsque j'étais dans la grande assemblée de Pentecôte à Stockholm, rien ne m'a fait davantage plaisir que de voir « l'Arche » amarrée par les chrétiens dans la rivière tout proche, où, nuit après nuit, pendant l'hiver, ils hébergent gratuitement et confortablement des centaines de pauvres, et fournissent des repas à des centaines d'autres. Une telle « Pentecôte pratique » eût certainement réjoui le coeur de l'apôtre, qui ne craignait pas de dire aux maîtres capables de « s'exhorter et de s'instruire les uns les autres », d'accorder à leurs serviteurs ce qui est « juste et équitable », ou aux femmes qui pouvaient « chanter par des psaumes, par des hymnes, par des cantiques spirituels », d'être des modèles dans la maison et dans la vie de famille. (Colossiens : 3 / 16 ; 4 / 1). Tel est le fruit de l'Esprit, la bonté. Le corollaire de la plénitude de l'Esprit est d'être « pleins de bonnes dispositions » (de bonté) (Romains : 15 / 14).  

Le Trône de la Justice.  

Nous n'avons pas jusqu'ici mentionné un aspect de cette qualité plus profond encore. La bonté absolue n'est autre que la perfection morale.  

Une des déclarations les plus grandioses de la Bible est dans Nahum : 1:7. « L'Eternel est bon. Il est un refuge au jour de la détresse ». C'est parce qu'il est bon qu'il peut être un refuge. Le gouvernement moral de l'univers est établi sur un trône de justice. Seule la foi dans cette vérité certaine peut maintenir l'âme ferme dans les tempêtes de la vie. Sans une telle foi pour base tout serait chaos. Ne soyons pas étonnés d'être toujours exhortés à « louer l'Eternel pour Sa bonté ». (Psaume : 107). Les hommes peuvent ressembler à Dieu en marchant avec lui, par l'Esprit de Son Fils qui demeure en eux ; - voilà l'Evangile, l'enseignement caché dans le fruit spirituel.  

La vérité capitale pour tous ceux qui ont connu la plénitude du Saint-Esprit accompagnée de manifestations évidentes de Sa puissance c'est que le fruit de l'Esprit dort devenir inséparable de cette puissance au fur et à mesure qu'ils avancent dans la vie chrétienne.  

Sinon, au lieu de recevoir la couronne impérissable, ils finiront par une banqueroute spirituelle. « Quand j'aurais le don de prophétie, la science de tous les mystères et toute la connaissance ; quand j'aurais même toute la foi jusqu'à transporter des montagnes, si je n'ai pas la charité, je ne suis rien. » (1Corinthiens : 13 / 2-3).  

La bonté peut être la récompense, la consolation de ceux qui, jamais peut-être, ne se feront remarquer par des dons brillants. Dorcas n'était nullement prophétesse comme Débora, ou même les filles de Philippe, mais elle fit « beaucoup de bonnes oeuvres et d'aumônes », et l'Ecriture nous le rapporte pour l'inspiration des femmes chrétiennes de tous les temps.(Actes : 9 / 36). Chez Barnabas ce fruit de l'Esprit se manifestait d'une manière si évidente qu'il est dit de lui : « C'était un homme de bien, plein d'Esprit-Saint et de foi ». (Actes : 11 / 24).  

Puisse Dieu donner encore à Son Eglise de nombreux pasteurs semblables à celui qui fut une bénédiction pour l'assemblée privilégiée d'Antioche.  

1) En anglais : « un homme bon »  


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CHAPITRE VIII  




LA FIDELITE  

Il est à regretter que la version anglaise autorisée de la Bible obscurcisse quelque peu la compréhension du septième fruit de l'Esprit en le traduisant par le mot « foi ». (1)  

(1) Nos versions françaises traduisent bien « fidélité »  

La foi, dans un sens spécial, n'est pas un fruit de l'Esprit, mais un de Ses dons. (1 Corinthiens : 12 / 9) ; et même la foi qui sauve est regardée comme un don de Dieu.  

La signification du mot dans Galates : 5:22 est fidélité, comme le traduit la version américaine révisée. Moffatt donne aussi « fidélité ». Un passage similaire dans lequel la version autorisée anglaise emploie de même le mot « foi », mais où le sens est évidemment « fidélité », est Romains : 3 / 3, que Moffatt traduit : « Leur incrédulité annulera-t- elle la fidélité de Dieu ? » et Newberry : « Leur infidélité rendra-t-elle la fidélité de Dieu sans effet ? »  

Le fruit de l'Esprit étudié est donc cette belle qualité du caractère connue sous les noms de fidélité, honnêteté, loyauté, tance, fermeté persévérante.  

Un fondement naturel et spirituel  

La fidélité est même dans le domaine naturel, le fondement sur lequel toute société, finalement, repose. Toutes les transactions commerciales, tous les traités internationaux, toutes les relations conjugales et familiales, sont établies sur la base d'une présomption de fidélité des parties contractantes. Leur succès ou leur échec dépend en grande partie de l'accomplissement par les intéressés de leurs engagements réciproques L'absence de loyauté amène le désordre.  

La nature véritablement fondamentale de la fidélité est encore plus marquée dans le domaine spirituel. Les rapports de Dieu avec les hommes, et tout notre espoir personnel de salut en Christ, sont fondés sur cette vérité suprême : « Dieu est fidèle » (1 Corinthiens : 1 / 9). Otez celle-ci, et notre assurance disparaît. Mais en la conservant, et en nous reposant sur la fidélité du Seigneur, nous pouvons dire « Je suis persuadé qu'il a la puissance de garder mon dépôt jusqu'à ce jour-là » (2 Timothée : 1 / 12).  

Les grandes alliances de l'Ecriture dépendent toutes de la fidélité des parties intéressées.  

Dans l'Ancienne Alliance Dieu ne manqua point à Sa Parole, mais Israël, l'autre « partie contractante », faillit. La différence, dans l'Alliance Nouvelle, c'est que notre part est garantie par la fidélité de Christ, qui est « l'Amen, le Témoin fidèle et véritable » ; notre « Grand Prêtre », et Celui qui nous « sanctifie ». (Hébreux : 8 / 9-10 ; Apocalypse : 3 / 14 ; Hébreux : 2 / 17 ; 1 Thessaloniciens : 5 / 24.)  

II importe de baser notre compréhension du fruit de l'Esprit sur ces grands attributs fondamentaux de la Divinité, pour cette raison que ce fruit spirituel est le résultat direct de notre participation à la nature divine par l'oeuvre de régénération du Saint-Esprit, et grandit dans nos vies quand nous marchons en communion avec Dieu par l'Esprit.  

Il nous est ainsi donné de partager cette qualité divine et de recevoir « la grâce d'être fidèle ».  

(1 Corinthiens : 7 / 25). Certaines natures, en elles-mêmes inconstantes, peuvent être transformées, et d'autres, naturellement loyales, voir leur loyauté dirigée vers les buts les plus élevés.  

J'entendis un jour mon ami Howard Carter donner une illustration excellente de ce principe en comparant nos natures humaines dans leur inconstance à de la poudre de ciment. Lorsque de l'eau est mélangée à cette poudre, elle la transforme en un ciment dur comme le roc. Ainsi l'eau vivante de l'Esprit de Dieu peut transformer notre faiblesse en une fidélité magnifique, et convertir maint « Si mon » impulsif en « Pierre » dévoués.  

Quelques exemples remarquables de fidélité.  

Les Ecritures nous en présentent de nombreux exemples. Moïse est décrit comme « fidèle dans toute sa maison ». (Hébreux : 3 / 2). Sa fidélité consistait évidemment en grande partie dans son obéissance à faire tout, dans le Tabernacle, « d'après le modèle ». Caleb et sept mille hommes au temps d'Elisée sont également de magnifiques exemples d'attachement à Dieu dans des temps d'apostasie. (Nombre : 14 / 24 ; 1 Rois : 19 / 18).  

Dans le Nouveau Testament, à part les principaux apôtres, mention spéciale est faite d'Epaphras, dépeint avec amour comme un « fidèle ministre de Christ ». L'Ecriture a trouvé pour décrire sa constance une expression rare et féconde : « il ne cesse de combattre pour vous dans ses prières ». (Colossiens : 1 / 7 ; 4 / 12).  

Les jeunes prédicateurs doivent le noter. Timothée fut approuvé à cause de sa fidélité dans le seigneur (1 Corinthiens : 4 / 17), et sa récompense se trouve dans la responsabilité des devoirs qui lui sont assignés dans les Epîtres portant son nom. Ceux qui aspirent à des positions de responsabilité et de direction dans l'Eglise doivent se rappeler la nécessité primordiale de la fidélité.  

L'illustration la plus frappante, la plus remplie de beauté, est peut-être l'histoire d'Onésime, l'esclave vagabond, converti à Rome, et renvoyé à son maître Philémon avec une lettre de recommandation exquise de Paul. Il est spécialement apprécié comme un « fidèle et bienaimé frère ». (Colossiens : 4 / 9), et nous donne un exemple notoire de sable transformé en rocher par l'Esprit de Christ demeurant en lui.  

La Fidélité dans le ministère  

Il est de toute importance qu'un prédicateur soit digne d'une entière confiance. « Ce qu'on demande des dispensateurs, c'est que chacun soit trouvé fidèle ». (1 Corinthiens : 4 / 2).   

Nous suggérons trois points qui doivent spécialement retenir notre attention :  

a) La fidélité dans la prédication  

« Un témoin fidèle délivre les âmes », et un prédicateur de l'Evangile doit l'être avant toutes choses. Malgré de temps en temps une persécution passagère, rien ne gagnera mieux le respect, à la longue. La loyauté à la vérité doit de même marquer tout enseignement ; car les enfants nouveau-nés en Christ doivent recevoir le « lait spirituel et pur (sans fraude). Il est des moments où la fidélité nous contraindra d'annoncer « tout le conseil de Dieu » (Actes : 20 / 27), à ne rien retenir de la vérité que Dieu nous a révélée. Nous devons, cependant, nous garder de mal interpréter ce qui précède, et d'avancer en tout temps des questions de controverse. Paul se référait à une période de trois années de ministère à Ephèse, et non à un « engagement » passager. Nous ne sommes pas obligés de sortir toutes nos croyances chaque fois que nous prêchons.  

b) La loyauté à nos promesses.  

La perfidie est toujours odieuse, mais chez un prédicateur elle suffit pour le disqualifier de la fonction. Un ministre de Jésus-Christ doit être un homme dont « la parole est le lien ».  

Ceci doit s'appliquer à tous les détails de son travail - au maintien des engagements de prêcher ou de rendre des visites, aux promesses faites indistinctement aux riches, aux pauvres, aux personnes jeunes ou âgées. Il trouvera que le maintien d'une promesse mérite, s'il le faut, une grande dépense d'argent, de loisirs et de forces. Rien n'établira de plus solide fondement à l'influence d'un prédicateur qu'une réputation de fidélité à la parole donnée.  

c) La fidélité dans les affaires.  

Un homme mis à part pour la prière et le ministère de l'Evangile agira avec sagesse en suivant la règle établie par les apôtres, de laisser à d'autres le soin de « servir aux tables ».  

Les affaires, au sens ordinaire du mot, forment un domaine dans lequel un prédicateur n'est pas appelé à briller ; en l'oubliant, certains bons prédicateurs ont fait naufrage dans leur ministère.  

Cependant, le pasteur doit légitimement s'intéresser à certaines « affaires » inséparablement liées au travail dans l'église. Et il y a naturellement, les transactions ordinaires de sa vie privée et de sa maison.  

Dans toutes ces choses, un ministre de Christ doit surtout éviter les dettes personnelles, et par tous les moyens en son pouvoir, se faire une réputation de la plus stricte intégrité parmi ceux qui ont avec lui des relations commerciales. Son intégrité et honnêteté doivent être proverbiales chez tous les commerçants de la localité.  

« Fidèle jusqu'à la mort. »  

Le principe qui nous inspire et nous réconforte, suivant lequel les récompenses seront finalement données aux serviteurs de Dieu pour leur fidélité, et non pour leur éclat - (Matthieu : 5 / 21) - a été relevé trop de fois pour que nous ayons à le développer ici.  

Nous devons nous rappeler que la fidélité suppose un travail diligent, comme la parabole se propose de nous l'enseigner. Il faut plus que la stricte honnêteté du serviteur rendant à son maître tout ce qu'il reçut de lui. Dieu réclame de nous la fidélité d'un service zélé.  

Comme tout fruit de l'Esprit, cette loyauté se développe ; elle commence par les choses simples. En vérité, si elle ne se manifeste pas dans les petites choses, elle ne pourra jamais s'exercer dans les occasions importantes, dont l'éternité peut seule révéler la grandeur. (Luc : 16 / 10)  

Les récompenses de la fidélité comprennent parmi leurs caractéristiques les plus attrayantes celle d'une activité plus grande au service de Dieu. (Luc : 19 / 17). Mais ce n'est pas tout. Les aperçus de la récompense finale suffisent pour fortifier tout esprit chancelant, et ravir tout coeur aimant. Ceux qui seront « avec Lui » dans la gloire sont « les appelés, les élus, les fidèles ». (Apocalypse : 17 / 14). Voilà la récompense de la fidélité, de la loyauté à Christ. Il convient, après tout, que ceux dont elles seront la marque distinctive forment les armées célestes du Roi des rois et du Seigneur des seigneurs, sur la bannière duquel resplendiront ces mots : « Fidèle et Véritable ». (Apocalypse : 19 / 11-14).  

Le fruit de l'Esprit, croissant ici-bas dans une marche persévérante avec Lui, mûrira pour la récolte. « Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie ». (Apocalypse : 2 / 10).  


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CHAPITRE IX  




LA DOUCEUR  

Trois choses sont dignes de remarque au sujet de la douceur. Elle est une « qualité» très rare du caractère ; elle est exceptionnellement précieuse aux yeux de Dieu ; elle est l'un des facteurs les plus « marquants » de l'enseignement de Christ.  

La douceur ne doit pas être confondue avec la faiblesse.  

La douceur véritable demande une soigneuse définition. Nous avons, dans la langue anglaise, un mot prononcé sensiblement de la même manière : « faiblesse ». Nous devons le dire - nombre de personnes confondent non seulement les deux mots, mais les deux aspects du caractère. La différence réelle entre la douceur et la faiblesse est immense. La douceur, véritable nécessite une force de volonté considérable.  

Le meilleur exemple biblique d'un homme doux est Moïse. C'était un homme « fort patient, plus qu'aucun homme sur la face de la terre ». (Nombres :12 / 3). Cependant il était un des conducteurs les plus grands que l'histoire ait jamais produits. Il savait montrer de la sévérité quand le réclamaient les circonstances, par exemple lorsqu'il contraignit les adorateurs du veau d'or à boire la poussière de leur propre idole (Exode : 32 / 20) Mais c'était un zèle saint pour la cause de Jéhovah. Lorsqu'il fut l'objet de reproches de la part d'Aaron et de Marie, il ne fit pas la moindre tentative de représailles (Nombres : 12). Ceci révèle la douceur et le calibre véritable de l'homme.  

Etienne est un autre bon exemple. Nous voyons resplendir la douceur dans sa prière pour ses meurtriers (Actes : 7 / 60), mais il n'y a aucune trace de faiblesse dans son accusation écrasante contre le sanhédrin - « Hommes au cou raide, incirconcis de coeur et d'oreilles ! vous vous opposez toujours au Saint-Esprit » (verset 51). L'on remarque les mêmes qualités que chez Moïse - du zèle pour Dieu, mais de l'humilité s'il s'agit de lui-même.  

Il est superflu de mentionner Celui qui fut « mené comme une brebis à la boucherie », et cependant purifia le temple avec un fouet !  

Une disposition de l'esprit humain  

Pierre emploie cette expression très belle : « un esprit doux et paisible, qui est d'un grand prix devant Dieu ». (1 Pierre : 3 / 4). Le Nouveau Testament parle généralement d'une douceur de l'esprit. (Galates : 6 / 1 ; 1 Corinthiens :  4 / 21).  

A cet égard la douceur diffère de la bénignité. Sous bien des rapports ces deux fruits de l'Esprit se ressemblent, mais la douceur est intérieure et passive, tandis que la bénignité est extérieure et active. Un homme ressent la douceur intérieure, mais il agit avec bénignité.  

Le visage d'Étienne était « comme celui d'un ange » précisément parce qu'il se sentait tel.  

(Actes : 6 / 15). La sérénité de son esprit rayonnait au dehors ; cette manifestation se produisit sans doute à son insu. En raison de sa nature même, la douceur peut être « gâtée » chez le croyant par une conscience trop scrupuleuse exagérant les défauts personnels et affaiblissant sa volonté, bien qu'elle lui apporte les bénédictions intérieures d'une joie et d'une paix profondes. Une véritable humilité d'esprit doit être extrêmement difficile à imiter. On peut parfois user de bénignité sans éprouver de douceur intérieure, mais s'il n'y a pas dans le coeur une douceur réelle, le feu intérieur de l'orgueil et de la colère apparaîtra inévitablement tôt ou tard.  

Le défi du Christianisme.  

Le fait que Christ ait soigneusement enseigné la douceur comme une qualité indispensable à tous Ses disciples (et nul ne contestera qu'Il n'ait pratiqué Son enseignement jusqu'à la fin) constitue l'un des facteurs les plus provocants du Christianisme. Il suffit de contempler le réveil d'un nationalisme intense dans presque toutes les parties de l'Europe, et tout ce qu'il entraîne d'orgueil et de réarmement, pour voir quelle difficulté intense éprouvent les pays nominalement « chrétiens » à mettre en harmonie avec l'enseignement et l'esprit véritable de Christ leurs fièvres de vanité naturelle . Un retour aux anciennes déités de la force, plutôt qu'à Christ, a été recommandé par certains conducteurs. La situation embarrassante de la plupart des églises en cas de guerre, la persécution de l'objecteur de conscience, tout cela montre combien une douceur réelle répugne à l'homme du monde. Tout compromis est inutile, mieux vaut accepter le défi. Nous ne vaincrons peut- être par tous, mais nous devons admettre que la douceur est le seul esprit véritable de Christ et des chrétiens, non seulement en cas de guerre, mais aussi dans les affaires, et en toutes choses comme dans l'Eglise.  

Quand montrer de la douceur dans l'Eglise.  

Dans certains cas particuliers il est spécialement recommandé aux chrétiens de manifester cet esprit dans leur vie au sein de l'Eglise. Nous n'avons que peu d'espoir de montrer au monde un victorieux exemple de douceur vraie dans les questions importantes si nous ne commençons pas « dans la famille».  

a) Pour redresser les rétrogrades» (Galates : 6 / 1)  

Les chrétiens « rétrogrades » doivent, s'ils se repentent, être « redressés avec un esprit de douceur », et leurs méfaits oubliés, comme Dieu Lui même a oublié nos péchés pardonnés.  

Cet avertissement est nécessaire, l'orgueil de ceux qui ne sont pas tombés de la même manière aimant toujours rappeler les manquements de ceux qui ont failli. La conscience de leur propre faiblesse chez ceux qui prétendent juger fera paraître clairement à toute personne sensée le bien fondé de cette attitude La grâce de Dieu a seule empêché le juge de devenir le criminel  

Ceci n'exclut naturellement pas la place légitime de la discipline dans l'Eglise, mais qui indique seulement dans quel esprit elle doit être exercée.  

b) Pour répondre aux adversaires. (1 Pierre : 3 / 15)  

« Etant toujours prêts à vous défendre, avec douceur ». C'est une chose excellente que d'avoir toujours prête une réponse convaincante pour celui qui la demande, mais elle doit être donnée avec douceur. Nous ne pouvons nous glorifier, même de bénédictions spirituelles profondes : elles sont toutes reçues par grâce. Cela est vrai des bénédictions de Pentecôte comme des autres, et nous devons garder cette pensée dans nos coeurs.  

Si nous contestons et nous querellons pour les vérités même les plus précieuses de notre espérance et de notre foi, notre esprit de dispute contredira vraisemblablement notre témoignage. Nous connaissons cette « convention de sanctification » où les assistants s'échauffèrent tellement à discuter leurs doctrines sur la « sainteté » que la seule preuve effectivement fournie fut que nul d'entre eux ne la possédait !  

Sachons aussi qu'un homme contraint à une adhésion intellectuelle par une argumentation brillante fermera plus encore son coeur à la vérité que nous désirons le voir accepter, à moins qu'il n'ait également senti la douceur de notre esprit. Vaincre un ennemi n'est pas le convertir en ami. Notre but immédiat, à nous chrétiens, est la conversion, et non la conquête.  

c) Pour recevoir la Parole (Jacques : 1 / 21)  

Ecouter la Parole est un grand art - aussi grand peut-être que de la prêcher. Si nos auditeurs se préparaient par la prière comme le font nos prédicateurs, de quel réveil ne nous réjouirions-nous pas ! Le coeur humain est comme un terrain de culture, et détermine le résultat de la semaille bien plus encore que l'habileté de celui qui sème.  

La douceur assure une condition de réceptivité propre à donner une bonne récolte. Cela ne signifie pas que nous devons avoir une crédulité naïve prête à absorber toute doctrine nouvelle et étrangère, mais bien l'abandon de toute rébellion d'esprit, et la promptitude à accepter coûte que coûte les enseignements indubitablement reconnus comme le « lait spirituel et pur » de la Parole. Nous devons aussi mettre de côté cet orgueil stupide qui refuse d'admettre qu'il reste encore à apprendre sur le sujet traité.  

d) « La douceur de la sagesse » (Jacques : 3 / 13)  

La douceur véritable est toujours marquée par l'humilité, et la douceur de la sagesse exprime d'une manière délicieuse une évidente vérité. Paul la recommande à Timothée (et certainement, au delà de lui, à tous les prédicateurs, jeunes et vieux) : il doit « redresser avec douceur les adversaires (2 Timothée : 2 / 25), surtout les plus âgés. (1 Timothée : 5 / 1-2). —Non dominer sur le peuple de Dieu, mais donner avec humilité et calme, à tout avertissement et toute sanction, une raison qui fasse appel à l'esprit de Christ dans le croyant. Les victoires remportées par la douleur chez les pasteurs et les prédicateurs, les plus jeunes surtouts, ont plus de poids que les avantages douteux acquis en insistant précipitamment sur une dignité personnelle et les prérogatives de leur position dans l'Eglise. Rien peut-être ne montre davantage une maturité de caractère en Christ que la douceur manifeste d'esprit.  

Les promesses faites aux humbles  

Elles sont nombreuses et très belles « Les humbles mangeront et se rassasieront » (Psaume : 22 / 26) « Il conduit les humbles dans la justice, Il enseigne aux humbles sa voie » (Psaume : 25 / 9). Cela est logique. Il est facile de voir qu'un coeur rempli d'humilité est devant Dieu dans des dispositions bien meilleures pour recevoir la direction divine qu'un coeur orgueilleux.  

La promesse la plus célèbre est faite par notre Seigneur : « Les doux hériteront la terre (Matthieu : 5 / 5). Le monde tourne ceci en dérision ; toute l'expérience humaine semble démontrer le contraire - les doux doivent « céder la place ». La philosophie sent bien la vérité de cette parole de Christ, mais s'efforce vainement de résoudre le problème. Seule la foi triomphe, et s'écrie : « Cela sera ».  

Un jour, je regardais une file de personnes qui attendaient pour entrer quelque part. Un grand gaillard cossu s'amena, et joua impudemment des coudes jusqu'à prendre la première place.  

Mais un agent qui avait vu la scène s'avança et le fit placer le dernier de la file. Tout le monde en eut l'air content, et nous sentons qu'en toutes choses il devrait en être ainsi. La foi possède l'assurance, aussi sûrement que Dieu est sur le trône, que cela arrivera un jour ; les « pousseurs » devront prendre la place qui leur revient. « Les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers ».  

Dans cette espérance, nous saisissons dans nos coeurs la plus belle des promesses faites aux humbles par Celui qui, seul, pouvait oser dire, de Lui-même « Je suis doux et humble de coeur ». En passant avec Christ par l'école de la douceur nous trouvons le repos pour nos âmes. (Matthieu : 11 / 45). Un tel repos est en lui-même une récompense pleine et entière, les prémices de la moisson de ce fruit de l'Esprit.  


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CHAPITRE X  




LE CONTROLE DE SOI-MEME. (La tempérance)  

L'expression « contrôle de soi-même » donne aux lecteurs de la Bible , une bien meilleure compréhension du fruit de l'Esprit nommé en dernier lieu que le mot « tempérance ». Newberry la donne, et la version américaine révisée aussi, dans Actes : 24 / 25 et 2 Pierre : 1 / 6.  

Le mot « tempérance » pour un grand nombre de personnes, n'est associé qu'aux boissons fortes, tandis que le mot employé couvre toute la gamme des appétits humains, non seulement physiques, mais aussi moraux et spirituels.  

Pouvoir être « modéré en toutes choses » est une grande et importante vertu chrétienne et un signe certain de croissance dans la grâce. De peur que nous n'imaginions pouvoir acquérir ce contrôle de nous-mêmes par une discipline purement naturelle, il est bon d'appuyer en premier lieu sur sa nature de « fruit de l'Esprit » produit par Sa grâce et Sa vie dans le croyant, accessible aux personnes d'une force de caractère très faible tout autant qu'à celles dont la volonté est naturellement forte. En vérité, cette douce tempérance, fruit de l'Esprit peut être une nécessité plus sévère encore pour des natures volontaires et fortes.  

L'athlète chrétien  

Paul en parle dans un passage magnifique de la première Epître aux Corinthiens (1 Corinthiens : 9 / 24-27). Tous ceux qui combattent « s'imposent toute espèce d'abstinences…… Je traite « durement mon corps et je le tiens assujetti ». Toute cette métaphore est empruntée aux anciens jeux grecs, dans lesquels chaque concurrent devait entreprendre au moins dix mois d'entraînement rigoureux avant d'avoir accès à ces jeux.  

A bord du transatlantique d'où j'écris se trouve un célèbre athlète finlandais. Tous les matins, on le voit s'entraîner à la course, au saut et à d'autres exercices, et il est notoire qu'il ne touche ni tabac ni boissons fortes, malgré l'insistance des passagers qui le tentent. La chaleur de l'Equateur n'apporta aucune modification à son entraînement ; il continua exactement de même, dans un bain de transpiration.  

Et cependant combien pensent qu'un chrétien approche du fanatisme s'il prend autant de peine pour maintenir l'état spirituel de son âme. Il n'est pas étonnant que nous ayons si peu d'athlètes spirituels. Mais Dieu tient encore des récompenses pour Ses Daniels. (Daniel : 1 / 8-21). Ne trouvons-nous pas ici l'explication de la pénurie de conducteurs réels dans l'Eglise ?  

Le contrôle physique de nous-mêmes.  

On peut le considérer sous deux aspects :  

a) ce qui est illégitime   

Nous n'avons besoin d'écrire que peu de mots sur la nécessité de ce contrôle de nous mêmes.  

Et en vérité, ce n'est pas la tempérance qui s'impose, mais l'abstinence complète.  

Toute passion sans frein amène sa propre rétribution, et le pressentiment d'un jugement à venir plus grand encore. « Félix tremblait » quand Paul lui parlait du contrôle de soi-même, - et pour cause. « Abstenez-vous des convoitises charnelles, qui font la guerre à l'âme ».  

Rien n'ouvre aussi sûrement la porte à la possession complète par les démons que l'abandon continuel aux jouissances physiques illégitimes. Il faut se le rappeler très soigneusement.  

b) Ce qui est « légitime ».  

Le plaisir physique parfaitement légitime peut occuper dans la vie du croyant une place assez considérable. Dans ce domaine, nous devons nous garder d'interpréter le contrôle de nous-mêmes de manière à tomber dans l'erreur contraire, et infliger à nos corps une mortification contre nature qui répugne aux gens normaux, et peut nous exposer à des tentations plus violentes encore. Ce n'est pas l'Esprit de Dieu, ce sont des esprits séducteurs qui commandent de ne pas se marier et de s'abstenir de viandes, etc. (1 Timothée : 4 / 1-3). Ce passage doit être médité pour nous aider à l'équilibre.  

Même les penchants physiques légitimes doivent être fermement contrôlés. L'attitude exacte est parfaitement établie dans 1 Corinthiens : 6 / 12. « Tout m'est permis, mais tout n'est pas utile ; tout m'est permis, mais je ne me laisserai asservir par quoi que ce soit ». Voilà ! Ne se laisser asservir par quoi que ce soit. Le corps doit être le serviteur, jamais le maître.  

Les raisons d'un tel contrôle rigide et soigneux, même dans les choses légitimes, sont variées :  

1. L'amour fraternel  

NOUS devons considérer avec attention l'effet produit par nos propres plaisirs sur un caractère plus faible, qui connaît peu le fruit spirituel, la tempérance, et pourrait être conduit dans le péché par notre exemple. C'est ici l'un des principes fondamentaux qui doit gouverner toutes nos actions en tant que chrétiens. (Lire Romains : 14 pour un exposé détaillé).  

2. La victoire personnelle sur le péché  

Le corps est le point faible dans notre lutte contre le péché. (Romains : 6 / 12 ; 7 / 18); et nécessite une vigilance redoublée de tous les instants. Encore et toujours l'ennemi entre par là ; parfois nous résistons victorieusement à la tentation spirituelle, mais pour tomber finalement dans le domaine physique. Il faut spécialement remarquer que l'expérience et les bénédictions des dons spirituels ne sont en rien une raison de diminuer de vigilance contre les péchés du corps, ou de demeurer imprudemment dans une confiance excessive en nous mêmes.  

David avait composé des psaumes merveilleux sous l'onction du Saint-Esprit ; il commit néanmoins l'adultère lorsque la tentation soudaine s'empara de lui dans un moment de paresse.  

3. La capacité pour le service  

L'état physique de notre corps exerce une influence sur notre capacité pour le service dans le domaine spirituel. Ce principe est à la base du jeûne. L'état du corps réagit inévitablement sur notre intelligence, à plus forte raison sur notre esprit. Nous avons tous expérimenté, ou entendu parler sans doute, de la somnolence proverbiale des auditoires d'écoles du dimanche après-midi, en Angleterre, après le dîner non moins proverbial du dimanche midi. Spurgeon les décrit « remplis de rosbif et d'incrédulité. » En Amérique on offre généralement au prédicateur un souper plantureux vers six heures et demie du soir, puis on attend de lui qu'il prêche comme un ange à sept heures trente ! En Suède, c'est la tasse de café qui semble indispensable à l'inspiration de certains prédicateurs, et à la bonne humeur de leurs auditoires !  

Heureux le chrétien qui est libéré de l'esclavage de ces choses, quoiqu'il les utilise de temps en temps. La modération est souvent la compagne de la spiritualité véritable. Ce principe était à la base de l'ancien voeu nazaréen (Nombre   : 6), et occupait sûrement la pensée de notre Seigneur lorsqu'il dit : Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière et par le jeûne » (Matthieu : 17 / 21). Notons tout particulièrement que le Saint-Esprit parla dans l'assemblée d'Antioche « pendant qu'ils servaient le Seigneur dans leur ministère et qu'ils jeûnaient » (Actes : 13 / 2).  

II est facile de se moquer de la mortification personnelle, mais si les récompenses qu'elle apporte sont une puissance spirituelle plus effective et une sensibilité plus grande à la voix de l'Esprit, elle mérite d'être mise en pratique.  

Le contrôle mental de nous-mêmes.  

Certaines personnes, choquées à la pensée d'une licence physique, peuvent néanmoins être coupables, dans d'autres domaines, d'intempérance grossière, — plus sérieuse peut-être.  

La colère est une forme courante mais gave d'intempérance de l'âme. « Celui qui est lent à la colère vaut mieux qu'un héros, et celui qui est maître de lui-même que celui qui prend des villes » (Proverbes : 16 / 32). Nous devons nous souvenir que toujours bouder et se laisser aller à une humeur chagrine est une intempérance aussi blâmable qu'une exhibition violente de rage injustifiée.  

Laisser courir la langue en est une autre ; que ce soit seulement bavardages, légèreté excessive ou confidences abusives. Le remède scripturaire est énergique. Jacques emploie le terme emphatique « brider » et donne l'illustration d'un mors dans la bouche d'un cheval. (Jacques : 1/ 26 ; 3 / 2). C'est là le contrôle véritable de soi–même.  

L'amour démesuré de la louange est une autre faiblesse qui peut également devenir une intempérance. Nous sommes tous soutenus par quelques paroles aimables d'appréciation bien méritées. Mais certains prédicateurs sont à tel point esclaves des applaudissements publics qu'ils ne peuvent guère prêcher sans être accompagnés d'un chorus ronflant « d'alléluias », à coup sûr une forme extérieure de louange destinée à eux-mêmes, et non à Dieu. Ils dépasseront à l'occasion toutes les limites de la bienséance, et de la considération pour les autres, sur l'estrade ou ailleurs. Il est des moments où de longs sermons, et des déclarations explicites » ou « hardies » ne sont autres qu'une intempérance mentale.  

Le contrôle spirituel  

Une telle nécessité peut être une possibilité étonnante pour beaucoup, mais il est d'une haute importance d'en reconnaître la place essentielle dans Tes expériences de Pentecôte. « Les esprits des prophètes sont, soumis aux prophètes » (1 Corinthiens : 14 / 32) ; et, le don des langues est parfaitement sous le contrôle de celui qui l'exerce. (1Corinthiens : 14 / 28). Notre propre esprit est extrêmement sensible aux sentiments profonds (ainsi, Jésus « frémit » en Son esprit, et Paul fut « irrité » (Jean : 11 / 33 ; Actes : 17 : 16). Nous devons donc garder le contrôle sur notre esprit toutes les fois que nos sentiments sont fortement mis en jeu, et que le réclament impérieusement les circonstances. Dans notre vie chrétienne privée ce contrôle sera peut-être moins nécessaire, et nous pourrons laisser à notre esprit une liberté sans entraves pour parler « à nous-mêmes et à Dieu ».  

Mais dans les réunions publiques de l'assemblée, exemple, l'amour de Christ pour d'autres âmes nous incitera à considérer l'heure et le milieu dans lequel nous nous trouvons, avant de nous permettre une entière liberté dans l'exercice des dons spirituels. Une attention toute particulière est recommandée dans les réunions où notre esprit est porté à émouvoir, pendant des sermons puissants, des prières émouvantes ou des cantiques ou domine une note sentimentale. Nous contrôler nous- mêmes n'est pas éteindre le Saint-Esprit, mais manifester un de Ses fruits. Tous les croyants en qui Il demeure doivent apprendre à discerner entre les émotions de source seulement humaine et les moments où le Seigneur désire effectivement utiliser leur esprit pour prononcer des messages inspirés sous forme de révélations. Si notre propre esprit ne possède pas ce fruit, le contrôle de soi-même, nous pouvons donner en public des exhibitions désastreuses d'intempérance émotive parfaitement inutile.  

La force intérieure  

Le mot grec pour « tempérance » signifie « posséder la force intérieure ». C'est-à-dire que notre force intérieure de volonté est plus grande que toute force extérieure des tentations, des désirs ou des émotions. Il dénote le contrôle parfait de nous-mêmes.  

Une telle condition est vraiment enviable. Enseigner la tempérance à un homme qui, par des années de plaisirs égoïstes, a perdu toute force de résistance spirituelle, semble une moquerie cruelle. L'enseignement du fruit de l'Esprit est une bonne nouvelle, entre toutes : Christ demeurant en nous peut achever une oeuvre dont nous ne pouvons jamais espérer l'accomplissement par nos propres forces. Une marche constante avec Lui transformera le plus faible d'entre nous à Son image ; et les hommes commenceront à voir en nous un peu de ce contrôle magnifique, de cet équilibre divin en toutes circonstances, qui était toujours la marque divine du Fils de l'Homme. La force intérieure ne procède pas de nous, mais de Lui.  
 Pasteur Donald GEE 

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 13:25 (2016)    Sujet du message: LE FRUIT DE L'ESPRIT

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