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Zohra vivait ..

 
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MessagePosté le: Lun 10 Jan - 10:26 (2011)    Sujet du message: Zohra vivait .. Répondre en citant

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Zohra vivait dans une masure près du bord de la mer, sur la côte occidentale de l’Afrique du Nord. Son mari était invalide et elle n’avait pas d’enfants. Elle faisait de petits travaux ici et là, mendiait quelque peu, ramassait du bois qui avait échoué sur la plage, et parvenait ainsi, tant bien que mal, à joindre les deux bouts.
Un jour, quelque chose d’étrange se passa dans cette petite ville maritime. Un médecin européen ouvrit un dispensaire dans la maison blanche à l’extérieur de la ville, près des dunes de sable, et beaucoup de gens vinrent à lui pour être soignés. Zohra elle-même décida d’en profiter pour demander un flacon de médicament pour son mari qui était beaucoup trop faible pour se déplacer si loin.
Ce nouveau dispensaire était un endroit agréable, un lieu propre et paisible. Les gens étaient assis sur des bancs et attendaient leur tour. Là, le pauvre n’était pas poussé de côté, personne ne criait ni ne demandait de pots-de-vin. Zohra était patiemment assise près de la fenêtre ouverte, laissant errer son regard sur un jardin clôturé où les géraniums et les capucines rivalisaient de couleurs vives. Comme elle les observait, elle vit une toute petite fille qui sortait en trottinant pour jouer sous le figuier. Un instant plus tard, sa sœur à peine plus âgée qu’elle lui emboîta le pas.
En les regardant, Zohra eut soudain une idée merveilleuse. Ces deux petites filles étaient en train de jouer avec la terre ; leurs habits ne manqueraient pas de se salir, et puis leur père portait une blouse blanche... Ils auraient sûrement besoin d’une blanchisseuse, et ce dispensaire aurait certainement besoin d’un nettoyage quotidien ! Elle oublia qu’elle était venue pour le flacon de médicament, sortit à la dérobée et contourna le bâtiment jusqu’à la porte de l’appartement privé. Elle frappa. Une jeune femme blonde vint ouvrir et lui demanda, dans un arabe très hésitant, ce qu’elle voulait.
— Je suis venue pour être votre blanchisseuse, dit Zohra. Je laverai vos habits pour qu’ils soient aussi blancs que le lait, je frotterai le plancher et je vous ferai la cuisine. Je viendrai chaque jour.
La jeune femme se mit à rire : — A vrai dire, j’ai grand besoin d’une blanchisseuse. Reviens ici demain : je vais en parler à mon mari !
Zohra rentra chez elle comme si elle marchait sur des nuages. Elle était certaine d’obtenir ce poste : cette jeune femme et elle, sans savoir pourquoi, s’étaient toutes les deux entendues à merveille, et ces petites filles si drôles avec leurs têtes comme des poussins jaunes lui avaient souri également. Mais quand elle fut presque arrivée, elle vit quelque chose qui était encore plus alléchant que la perspective d’un travail. Quelqu’un avait laissé ouvert le portail de la grande maison à côté de la sienne ; une poule bien dodue était sortie pour errer sur la route, et elle grattait le sol sans se presser le moins du monde.
C’était, à ne pas en douter, le jour de chance de Zohra. Elle regarda tout autour d’elle : il n’y avait personne en vue. La poule avait l’air docile et amicale, elle gloussait à ses pieds. Zohra s’empara brusquement d’elle, la cacha dans les plis de son ample haïk [1] blanc, et se dépêcha de rentrer chez elle. Elle montra sa proie à son mari, qui en fut ravi. Il y a longtemps qu’il n’avait plus eu un bon repas avec de la viande ; il sortit d’un pas lourd dans la petite cour et coupa la gorge de la petite poule ; Zohra la pluma en moins de temps qu’il ne faut pour le dire, et elle enterra les plumes dans le sable. Puis elle ranima les braises et la poule mijota bientôt dans un liquide qui glougloutait, accompagnée de persil, d’oignons, de carottes et d’épices. Oh ! cela avait été une journée merveilleuse !
Après avoir procédé à quelques investigations, la jeune femme anglaise engagea Zohra à l’essai et Zohra fut plus heureuse qu’elle ne l’avait jamais été. Elle appréciait le café au lait sucré qu’elle buvait chaque matin en arrivant, et elle aimait les deux fillettes toutes petites avec leurs cheveux comme du duvet de poussin. Mais il y avait une chose qu’elle ne pouvait pas comprendre. Chaque jour, quand elle avait bu son café, sa maîtresse s’asseyait à côté d’elle et lui racontait quelque chose de Jésus-Christ, quelque chose qu’elle tirait de son livre saint à elle.
« Est-ce qu’elle croit que je sais lire et que je peux comprendre, à mon âge ?, se disait-elle en riant tout bas. Est-ce qu’un vieux chat peut apprendre à danser ? » Et dans les premiers temps, elle n’écouta pas, pas plus qu’elle ne retint quoi que ce soit. Elle fit la sourde oreille.
Mais la parole de Dieu est vivante et puissante, et elle trouve le moyen de percer la carapace de l’indifférence.
Après quelques semaines, elle se surprit à se souvenir de choses qu’elle ne croyait même pas avoir écoutées : cette histoire, par exemple, des 5 000 personnes qui toutes avaient soupé de cinq pains et deux poissons ! C’était une histoire splendide, et elle la raconta à son mari ; et celle qui parlait d’une brebis qui s’était perdue... Tout doucement, elle se prit à se réjouir du moment où sa maîtresse lui raconterait ces récits. Elle restait sur sa faim et était insatisfaite quand elle en était privée. Elle réalisa à grand-peine qu’elle commençait à aimer celui qui avait guéri les aveugles et ressuscité les morts. Plus lentement encore elle parvint à saisir qu’il était toujours vivant, ici même, invisible à côté d’elles pendant qu’elles lisaient l’Evangile, dans cette maison où il était aimé et où il était le bienvenu. Grâce à lui, il y avait cette paix, cette douceur, et ces rires dans ce foyer. Elle aimait bien être dans ce lieu qu’elle quittait à regret.
Elle voulait aussi appartenir à Jésus-Christ, et sa maîtresse ne se lassait jamais de lui dire que lui la voulait pour en faire son enfant. Elle en était presque sidérée, mais un soir d’été, alors que son mari s’était traîné jusqu’au café voisin, elle s’assit sur le seuil de sa masure et son regard se perdit au-dessus de la mer paisible. « Il » semblait tout proche d’elle, et elle savait à présent ce qu’elle avait à faire : lui demander d’entrer dans son cœur et se conformer entièrement à ses voies. Peut-être allait-elle le faire ici même.., mais, bien qu’elle eût prit cette décision, il lui sembla voir une poule blanche gloussant dans la poussière, et elle crut sentir le fumet qui s’était échappé du pot...
« Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jn 1 :9). Sa maîtresse lui avait appris cela. Sa joie s’évanouit, car d’une manière ou d’une autre, elle savait que cette petite poule blanche était un obstacle qu’elle ne pouvait contourner. Cela gâchait tout. Elle rentra à la maison, se disputa avec son mari et ne put s’endormir.
C’est alors que la pensée la plus folle traversa son esprit : elle pouvait faire quelque chose à propos de l’obstacle. Elle n’avait jamais entendu que quelqu’un ait fait une chose pareille, mais elle supposa que c’était réalisable. Vendredi, sa maîtresse lui donnerait sa paie, et vendredi elle se débarrasserait de cette misérable petite poule blanche.
Le vendredi, elle rentra tôt chez elle, se revêtit de ses plus beaux habits et entra furtivement dans la petite ferme avicole. Elle savait que l’homme devait être au travail, mais c’était la femme, sa voisine, qu’elle désirait voir. Assise à côté d’elle sur un matelas à même le sol, ses mains jointes, des larmes ruisselant le long de ses joues, Zohra raconta son histoire.
— Oh ! ma sœur, pardonne-moi !, plaida-t-elle. Je t’achèterai une dinde ou un canard, ou tout ce que tu veux... si seulement tu me pardonnes.
La femme la regarda bouche bée. La poule, et même l’argent étaient momentanément oubliés dans la pure folie de ce qui était en train de se passer.
— Mais je n’ai jamais remarqué qu’une poule manquait !, s’exclama-t-elle d’une voix entrecoupée. Pourquoi, pourquoi, oh ! pourquoi es-tu venue me le dire ? — Un jour, murmura Zohra, toute tremblante, un jour, je te le dirai, mais pas maintenant.
Elle glissa le prix d’une poule dans la main de sa voisine et se hâta de rentrer. Elle avait un rendez-vous qu’elle ne voulait pas manquer et il n’y avait désormais plus d’obstacle.
Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité (1 Jean 1 : 9).

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MessagePosté le: Aujourd’hui à 23:20 (2016)    Sujet du message: Zohra vivait ..

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