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...un jeune émigré, William Sullivan

 
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MessagePosté le: Lun 10 Jan - 11:40 (2011)    Sujet du message: ...un jeune émigré, William Sullivan Répondre en citant

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Dans l’un des états de l’ouest, en Amérique du Nord, un jeune émigré, William Sullivan, est propriétaire d’une ferme bâtie un peu à l’écart d’une vaste colonie. Il est originaire d’Angleterre, mais vit depuis longtemps en Amérique où, par son travail acharné, il est parvenu à une certaine aisance.
L’habitation est située sur une colline, à proximité d’un petit cours d’eau. Pas très loin de là, il y a une grande scierie. Au sud et à l’ouest s’étendent à perte de vue de magnifiques vergers de cerisiers et de pêchers, des champs de blé et de maïs bien soignés, et des pâturages. En direction du nord et de l’est, d’épaisses forêts de pins s’offrent au regard. C’est de ce côté aussi que l’on trouve les plus abondantes réserves de chasse. William Sullivan s’y rend avec ses amis une fois les moissons terminées. Il est un chasseur expérimenté, un fin tireur. Il ne rentre jamais chez lui sans ramener un gibier abondant.
Autrefois, les rapports entre colons et Indiens étaient bien différents de ce qu’ils sont aujourd’hui. Les Indiens étaient alors beaucoup plus nombreux et ils étaient redoutés à cause de leur caractère agressif. Ils ne s’avançaient pourtant que rarement jusqu’aux colonies des blancs.

Par une belle soirée de juin, alors que le soleil vient de se coucher et que le ciel, à l’ouest, est encore tout rougeoyant, William Sullivan est assis devant la porte de sa ferme : il aiguise sa faux, car le moment des foins approche. C’est un homme jeune et un bon travailleur, mais comme beaucoup d’autres, il déteste les Indiens. Pour lui, les Peaux-Rouges sont des vauriens, aussi apprécie-t-il de n’avoir pratiquement rien à faire avec eux.
William se donne tout entier à son travail ; il est tellement absorbé par l’aiguisage de sa faux qu’il ne voit pas l’indien de haute stature qui s’approche de lui. Ce n’est que lorsqu’il s’entend interpellé qu’il lève un regard surpris. Timidement et manifestement à bout de forces, l’homme demande : — Est-ce que mon frère blanc veut donner quelque chose à manger et aussi un endroit pour dormir à un chasseur fatigué ?
William se lève d’un bond et, brandissant la main levée en direction du portail, s’écrie avec colère : — Va-t’en, chien rouge ! Travaille et tu auras ce dont tu as besoin ! Je n’ai rien pour les paresseux et les rôdeurs !
Un éclair passe dans le regard de l’indien ; mais il se contient et supplie : — J’ai été malade et je n’ai pas pu chasser. J’ai très faim maintenant. Donne-moi un morceau de pain, s’il te plaît !
— Disparais de ma vue ! hurle le fermier. Je n’ai rien pour toi !
L’indien, à peine capable de se tenir sur ses jambes, fixe un instant le soi, puis supplie une fois encore : — Donne-moi au moins une gorgée d’eau fraîche, je n’en peux plus...
Sullivan lui refuse aussi cette requête ; d’un geste brusque, il lui indique le cours d’eau proche.
L’indien ne dit rien de plus. Il hésite encore un moment, dévisage gravement le fermier, puis faisant demi-tour, il rassemble ses dernières forces pour se traîner jusqu’au bord de l’eau.
La femme de Sullivan a été témoin de la scène : elle était dans la cuisine, occupée avec son enfant. Elle attend avec impatience que William aille à l’étable ; elle prend alors un morceau de pain, de la viande grillée, un petit bol de maïs rôti et un pot de lait, et court après l’indien. — Tu as faim et soif... dit-elle à l’homme qui s’est affaissé. Celui-ci ouvre les yeux, pose un regard plein de reconnaissance sur la femme et parvient, avec beaucoup de peine, à se redresser pour boire. La fermière ouvre ensuite le linge dans lequel elle a porté les aliments et place le tout devant lui. Affamé, l’indien mange. Une fois rassasié, il dit : — Dès maintenant, Karkoutchi protégera la Colombe blanche. A cause d’elle, il n’arrivera aucun mai au petit oisillon dans son nid, et votre frère rouge ne cherchera pas à se venger.
Là-dessus il sort de la poche de son vêtement une touffe de plumes de héron et les tend à la femme en disant : — Lorsque le mari de la Colombe blanche chassera dans les territoires des guerriers rouges, qu’il porte cela sur la tête.
L’été et une partie de l’automne ont passé. Le blé et le maïs ont été engrangés et William Sullivan se prépare pour la chasse. Ces dernières années, il attendait toujours avec impatience ce moment, sans jamais craindre une attaque-surprise des Indiens. Cette fois, il n’est pas aussi tranquille que d’habitude. il n’arrive pas à bannir de son esprit l’Indien qu’il a si impitoyablement renvoyé l’été précédent. Ce n’est pas seulement qu’il redoute sa vengeance, mais sa propre conscience ne lui laisse aucun repos.
La veille de son départ pour la chasse, il s’en ouvre à sa femme et lui fait part de ses craintes. Marie l’écoute tranquillement, puis se dirigeant vers une armoire, elle en sort la touffe de plumes de héron, et raconte à son mari ce qu’elle avait fait alors à son insu pour l’indien épuisé, et ce que celui-ci lui avait dit ensuite. Elle rassure son mari, car elle est persuadée que ses craintes ne sont pas fondées. — Non, se tourmente William, ces Indiens n’oublient jamais et ne pardonnent jamais une offense ; j’aurais dû m’en souvenir.
— C’est possible, mais ils n’oublient aucun bienfait non plus, répond Marie. Je vais coudre les plumes sur ton chapeau de chasse. Mon père m’a dit une fois que nous ne devions pas mépriser les moyens mis à notre disposition pour nous protéger. D’ailleurs, nous devrions nous recommander à la protection de Dieu. Ah ! je crains, poursuit-elle d’une voix songeuse après un instant, que nous ne nous trouvions ni l’un ni l’autre sur un bon chemin. Si nous devons moissonner ce que nous avons semé, et recevoir ce que nous avons mérité, alors nous sommes perdus. Voilà des années que nous ne nous sommes plus inquiétés de Dieu...
A ces mots, ses yeux se remplissent de larmes. Elle est la fille d’un marin anglais pieux et elle se souvient de la Bible qu’on lisait à la maison.
William approuve gravement. — Oui, tu as raison. Cela me préoccupe aussi depuis longtemps. Quand je pense à tous mes péchés, à toutes mes injustices...
Ce soir-là, les époux ont un entretien sérieux, à la suite duquel, pour la première fois, ils se mettent à genoux et se recommandent à la grâce de Dieu.
Pour atteindre le cœur et la conscience [1] de nombreuses personnes, Dieu doit se servir de la peur. Pourtant, c’est toujours son amour qui est ainsi en activité. [2]
Le lendemain, le temps est splendide. Pas un nuage dans le ciel d’un bleu éclatant ! Pas la moindre ombre non plus dans le regard rayonnant de William Sullivan : un gros poids lui a manifestement été ôté. La peur a disparu de son cœur et il est prêt à enlever la touffe de plumes de héron de son chapeau. Mais sa femme l’en empêche.
La chasse est très fructueuse et le premier jour se passe sans incident particulier. Mais le second jour, en poursuivant un cerf, William Sullivan perd de vue ses compagnons. Il s’égare dans une forêt très épaisse et erre pendant des heures à la recherche d’une issue.
La nuit commence à tomber lorsque enfin la forêt s’éclaircit un peu. Sullivan débouche sur une vaste plaine, traversée par un ruisseau, et recouverte de broussailles. Il a si faim et il est tellement épuisé qu’il tient à peine sur ses jambes. Il regarde attentivement autour de lui. Cette région lui est tout à fait inconnue.
Le long de la rive du cours d’eau, il repère un bois épais. Son fusil de chasse à la main, Sullivan se dirige dans cette direction. Un craquement... le rideau de feuillages s’écarte et un énorme buffle apparaît. L’animal s’arrête un instant et fixe le chasseur. Puis, baissant la tête, il fond comme un éclair sur Sullivan. Celui-ci réussit encore à déclencher son arme ; mais n’ayant plus eu le temps de viser correctement, la balle ne fait qu’effleurer le buffle et rend la bête enragée.
Sullivan est fort et habile. Bien qu’épuisé par sa longue marche, le danger décuple ses forces. il fait un bond de côté, saisit l’animal par la crinière et, de sa main libre, sort son couteau de chasse de sa ceinture. Le combat est toutefois très inégal. La bête surexcitée le lance de droite et de gauche et finit par le jeter à terre. Sullivan voit la mort devant ses yeux. A ce moment tragique, un coup de feu retentit. Le buffle se dresse, puis s’affaisse. Un homme de haute stature portant le costume indien s’approche en quelques bonds rapides et achève l’animal avec son grand couteau de chasse. L’Indien se tourne alors vers Sullivan qui s’est entre-temps relevé et qui regarde, fasciné, son sauveteur. il ne paraît pas être animé par des intentions hostiles. Sullivan pousse un soupir de soulagement et demande le chemin le plus court pour la colonie des blancs. — Si le chasseur fatigué consent à attendre jusqu’à demain, répond l’Indien sans regarder Sullivan, l’Aigle lui fera la conduite jusqu’au nid de la Colombe blanche.
Sur ces mots, il se détourne et se met lentement en marche. Les deux hommes arrivent bientôt à un petit campement indien. Parvenus à la dernière tente, tout près du ruisseau, le guide s’arrête, étend par terre quelques peaux de bête et sert à son invité un copieux repas de galettes de maïs et de gibier. il fait maintenant tout à fait nuit. Le fermier épuisé ne tarde pas à s’endormir.
Le soleil n’est pas encore levé lorsque Sullivan est réveillé par son hôte. Après un bon déjeuner, les deux hommes se mettent en route. L’Indien marche devant et, là où cela est nécessaire, fraye le chemin avec son grand couteau. Au moment précis où les premiers rayons de soleil paraissent au-dessus des sommets des parois rocheuses, Sullivan arrive au portail de sa ferme. Elle est là, devant lui, si tranquille, si paisible, qu’il ne peut s’empêcher de pousser un cri de joie.
Il reste maintenant au fermier à remercier chaleureusement son guide et hôte ; pour la première fois, ce dernier montre son visage à découvert, tout en fixant sur lui un regard pénétrant. Sullivan recule. Où a-t-il vu ces yeux ? Celui qui est là devant lui n’est autre que l’Indien qu’il a traité avec tant de mépris et qu’il a si gravement offensé, peu de temps auparavant ! Le visage brun, expressif, empreint de sévérité, l’Indien lui dit avec gravité : — Il y a cinq mois, quand Karkoutchi, fatigué et affamé, s’est présenté devant toi, tu l’as traité de chien rouge, de rôdeur et de paresseux, et tu l’as chassé. Karkoutchi aurait pu se venger hier soir. Mais la Colombe blanche lui a apporté à manger, et c’est pourquoi il a épargné ta vie. Mon frère blanc peut rentrer chez lui maintenant. Et si jamais il voit une fois encore un Indien dans le besoin, puisse-t-il agir comme Karkoutchi l’a fait !
Sur ces mots, il se détourne pour repartir. Mais Sullivan, profondément honteux, lui saisit les deux mains et le supplie d’entrer chez lui, comme preuve qu’il lui a pardonné sa dureté. Et l’Indien accepte.
Marie est très surprise. Son étonnement se transforme en joie et en reconnaissance lorsqu’elle apprend ce qui est arrivé. Dès lors, Karkoutchi est accueilli dans la petite ferme et honoré non seulement comme un hôte, mais aussi comme un ami.
Pour William et pour Marie, cet incident a été une raison de plus de se soucier du salut de leur âme, et de rechercher la paix là seulement où elle se trouve : dans le Christ Jésus. Et Dieu, qui avait commencé une bonne oeuvre dans leur cœur, ne manqua pas de l’achever. William Sullivan et sa femme vinrent au Seigneur Jésus, le Sauveur des pécheurs, avec leur culpabilité et leur état de perdition. ils trouvèrent le pardon et la paix.
Il fallut beaucoup de temps pour que l’âme enténébrée par les superstitions païennes de l’Indien puisse comprendre la parole glorieuse de la Croix. La lumière ne se fit que très lentement en lui. Mais une fois qu’il fut parvenu à se reconnaître comme un pécheur perdu et à accepter Jésus Christ comme son Sauveur, une transformation profonde s’opéra en lui. Son ardent désir était maintenant d’annoncer à ses semblables le message de la grâce merveilleuse de Dieu qui apporte le salut à tous les hommes, apparue dans le Christ Jésus.
Quelque deux années plus tard, un évangéliste vint dans cette région, et Karkoutchi fut le premier Indien à être baptisé. L’enseignement qu’il reçut lui permit d’annoncer la parole de Dieu plus clairement encore qu’auparavant, il mourut relativement jeune après avoir passé les derniers mois de sa vie chez ses amis blancs, et c’est du milieu de cette famille que le Seigneur Jésus recueillit son serviteur dans la patrie céleste.
« Ne vous vengeant pas vous-mêmes, bien-aimés ; mais laissez agir la colère, car il est écrit : A moi la vengeance ; moi je rendrai, dit le Seigneur. » (Rm 12 : 19)

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